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ailes pour voler et nous reposer eu présence de votre saiuteté ? Admirant et vénérant dans votre personne le Christ-Dieu, nous essuierions de nos cheveux, nous arioserions de nos larmes ses pieds dans vos pieds, et nous baiserions dans vos cicatrices les traces de sa passion. Malheur à moi, pécheur aux lèvres impures, qui n'ai pas su cueillir ce fruit lorsque je l'avais sous la main! » Et Paulin rappelle avec d'amers regrets la rencontre qu'il fit de Victrice, à Vienne : « Je n'ai vu alors, dit-il, que l'évèque qui était devant moi, et je n'ai pas su voir, ce qui était bien plus illustre, le martvr vivant. »
« Souvenez-vous de nous, je vous prie, le jour où vous vous avancerez escorté de l'innombrable cohorte de vos mérites, paré de glorieux ornements, couronné de bandeaux et des insignes de la victoire; où les mains des anges qui viendront au-devant de vous vous apporteront les blanches bandelettes des saints pontifes et la pourpre fleurie des marlvrs; où le Roi éternel nous attachera comme une perle précieuse à son diadème. I.ejusle Juge reconnaîtra qu'il ne vous doit pas seulement la récompense de vos vertus, en voyant autour de vous les irniombrables troupes de saints de tout sexe (|ue vous lui engendrez chaque jour par vos leçons et par vos exemples,
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exemples qui sont pour tous la régie d'une vertu et d'une foi parfaite, comme le fait voir le frère Paschasius, dans la grâce et l'humanité duquel nous avons recueilli, comme dans le reflet d'un miroir, les traits de vos vertus etdc vos grâces. Vous êtes vraiment bienheureux, ô père de tant de bienheureux, semeur d'une si grande moisson, qui rapportez à Dieu, dans la fécondité de votre terre, des fruits au trentième, au soixantième et au centuple, prêt à recevoir une mesure égale aux fruits variés que vous avez produits. Le Très-Haut vous a nommé parmi les plus grands de son royaume, vous l\ qui il a donné d'égaler les actes aux paroles, vous dont la doctrine vaut la vie, et dont la vie vaut la doctrine. De la sorte, personne parmi vos disciples ne peut s'excuser sur la difficulté des ordres (que vous lui donnez) puis qu'il est lié d'avance par l'exemple de la vertu. »
La profonde estime que Paulin, comme on le voit, professait pour Victrice accroissait chaque jour le désir qu'il avait de le revoir et de jouir longuement de sa présence. A quelque lemj)s de là, il lui sembla que ses vœux allaient être comblés. Il sut que l'évêque de Rouen avait entrepris le voyage de Rome. Qui empêchait le
pèlerin, une fois ses devoirs remplis dans la Ville éternelle, de faire une pointe jusqu'au tombeau de saint Félix? Ce pèlerinage rentrait aussi dans les desseins de Victrice. Mais nous ignorons pour quelle cause il lui fut impossible de Taccomplir. Il repartit précipitamment de Rome pour Rouent La nouvelle de ce départ, qui avait Fair d'une fuite, causa à Paulin une cruelle déception. Victrice ne fut pas sans la deviner. Peut-être en partageait-il l'amertume. Du moins, pour consoler son ami, il lui adressa une lelli'c, qu'un courrier, du nom de Candidiamus, lui porta en toute hâte*.
« Votre lettre, répond aussitôt Paulin, a été pour moi un rafraîchissement et un régal ; brève en paroles, elle était prolixe de cliarité.... Le saint et doux langage de votre béatitude a changé, par sa suavité spirituelle, en douce joie l'amertume de mon âme, comme autrefois Moïse changea par un bois mystérieux la fameuse eau de Mara. Ce qui causait notre tristesse, c'est que vous n'êtes pas venu do Rome à Noie, comme nous l'espérions, lorsque vous
1. Paulin, Ej). xwvii. Le Liher Rc^tdarum que le pape Innocent adressa à \ iclrice semble indiquer que lévêque de Rouen avait quitté Rome i)récipiiammeut.