‹ Saint VictriceChapitre 80 sur 101 · Paulin, Ep. xxxvii, u" i · texte numérisé non relu

Paulin, Ep. xxxvii, u" i

I^i2 SAINT VICTRICE.

n'aviez plus qu'une courte distance à franchir, ;i[)rès avoir lait une si longue roule pour venir jusqu'à la Ville éternelle). J'avoue que la privalion de ce bonheur m'a non seulement conl listé, mais encore rempli de confusion. Jamais nies péchés ne m'ont été plus clairement révélés, à moi et peut-être aux autres, qu'au moment où ils m'ont dérobé la lumière de votre face, pendant que vous étiez si proche. Est-ce (|ue la main de Dieu, qui vous avait conduit de si loiu, ne pouvait pas vous amener plus près? IMais nos péchés qui s'opposaient à nos désirs ont élevé entre vous et nous un grand mur de séparation. Mallieur à moi, pécheur aux lèvres impures, qui ose dire que vous étiez près de nous et nous près de vous, lorsque, même venu jusqu'à nous, vous auriez toujours été si loin par votre sainteté ! Ce ne sont pas les lieux qui auraient pu combler une si grande dislance des vertus et rapprocher un si grand éloignement des mérites. INIais du moins, en visitant notre infirmité et en \a touchant de la main, vous auriez justifié cette parole du Sauveur, que ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades; cette œuvre de piété se serait ajoutée aux fruits de votre sainteté, et votre récompense pour un si pieux

labeur se serait accrue d'auLant dans le ciel', a La lettre de Tévèque de Rouen contenait peut-être, outre les témoignages d'une amitié sincère, l'explication de son départ précipité. Mais elle est malheureusement perdue. C'est uniquement par la réponse de Paulin que nous connaissons le motif du voyage de Victrice à Rome. Des soupçons graves planaient, semblet-il, sur son orthodoxie. Certains esprits malintentionnés lui reprochaient de fausser par une interprétation malsonnante la doctrine trinitaire ; son erreur aurait porté principalement sur la nature humaine du Christ; on prétendit qu'il versait dans l'apollinarisme. Apollinaire, évêque de Laodicée [j Sgo), malgié son attachement au symbole de Nicée, fravait les voies à riiérésie d'Eutychès. S'imaginant qu'on ne pouvait sauver la nature divine ilu Rédempteur, si on lui accordait une nature humaine, il prit lo parti de diminuer celle-ci au profil de celle-l;i. Car, comment deux êtres complets auraient-ils pu se fondre en un être unique.^ Comment Jésus-Christ, homme complet avec la volonté humaine, aurait-il possédé l'impcccabilité ? Il fallait donc admettre, pensait-il, que le fds de

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