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Cai). iir, col. Î72-Î

et celle de Tévèque de Milan. Cela se voit d"abord au temps de saint Ambroise. Le siège de cet illustre évèque est entouré d'une considération hors ligne, sans préjudice, bien entendu, de Taulorité du siège apostolique. L'iniluence d'Ambroise se (ait sentir souvent tians les affaires de l'Eglise orientale, à Anlioclie, à Césarée, à Conslantinople, à Thessalonique. C'est lui qui est chargé de donner un évèque à Sirmium dans un moment critique. AAquilée, il dirige un concile où se règlent les dernières difficultés laissées par la crise arienne dans le pays du bas Danube. Mais c'est surtout en Gaule et en Espagne que Ton semble considérer l'autorité ecclésiastique de Milan comme un tribunal supérieur et ordinaire. »

Mgr Duchesne en donne la preuve en signalant les actes des conciles de cette époque, puis il ajoute : « Il v a donc, en Occident, vers la fin du iv*^ siècle, une tendance universelle à considérer l'évêque de Milan comme une autorité de de premier ordre, à l'associer au pape dans les fonctions de magistrat ecclésiastique suprême, de juge des causes majeures et d'interprète des lois disciplinaires générales. Cette importance extraordinaire, l'évêque de Milan ne la doit pas à Tantiquilé de son Église, qui remonte tout au

plus à la fin du ii"^ siècle, nia rillustration de ses l'ondateurs, qui sont parfaitement inconnus. Les premiers faits relevés se placent sous répiscopai de saint Ambroise, mais le mérite personnel de ce <,M-and évèque ne peut sulfire à expliquer une telle orientation de l'épiscopat

latin La vraie raison, ajoute Mgr Ducliesne,

c'est que JNIilan était la résidence impériale officielle, la capitale de l'empire d'Occident — La fortune ecclésiastique de Milan était en train de s'établir sur les mêmes bases que celle de Constantinople.

« Cependant la situation prééminente du siège (de saint Ambroise) n'aurait pu se développer sans que l'on finît par être tenté de la tourner au détriment de celle de Rome. Les papes le sentirent de bonne heure et ne négligèrent point les occasions de se défendre contre cette rivalité naissante. On ne sait quelle part ils eurent dans la fondation de la métropole d'Aquilèe; mais il est sûr qu'ils aidèrent à la création du diocèse métropolitain de Ravenne, formé aux dépens de celui de Milan. Dans une lettre adressée à l'évêque d'Eugubium, son sufTragant', le pape Innocent relève, non sans une certaine vivacité de

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