I. Ef). XXV, Mignc, P. L., t. XX, col
Style, rinconséquence de ceux qui ne s'attachent point en tout aux usages de TEglise romaine. Il leur demande s'ils ont lu quelque part que les Eglises d'Italie, de Gaule, d'Espagne doivent leur fondation à d'autres qu'à saint Pierre et à ses successeurs'. »
La lettre d'Innocent à Victrice témoigne du même état d'esprit. Le pontife est visiblement préoccupé de détourner le courant qui portait les évèques de la Gaule à s'adresser au tribunal de l'évêque de Milan pour la décision des causes majeures. Victrice lui-même n'est pas ici directement visé. Bien qu'il ait eu des rapports d'amitié avec saint Ambroise, à qui il était redevable d'un important envoi de reliques, ce n'est pas h lui qu'il s'adressa pour avoir un code de lois disciplinaires générales. 11 avait senti d'instinct que, dans l'intérêt de l'unité, les Eglises devaient clierclier leur mot d'ordre à Rome. Et le pape, comprenant qu'il aurait dans l'évêque de Rouen, dont l'autorité était fort considérable en Gaule et en Grande-Bretagne, un puissant champion de ses idées, fut tout heureux de lui remettre un Liber Ile"ularii/n où, entre autres points de discipline, les prérogatives inaliénables
I Origines du culte citrélien, i" éd., p. la-l^
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et incommunicables de TEo^lise romaine étaient nettement indiquées*.
Ce livre ou « monitoire " » n'était pas rédigé seulement pour T usage de Févêque de Rouen; Victrice reçut la mission de le propager, en Qehors de sa province, dans les métropoles voisines où il aurait accès ^. Nous ignorons par quelles voies ii en donna communication à ses collègues. Mais il est sûr que le Liber JRegularum se répandit en Gaule et y fit autorité. A l'époque mérovingif^nne, c'est-à-dire en un temps où les évêques ne recouraient guère directement à Rome pour la solution des difficultés qui se soulevaient dans l'Eglise franque, un concile de Tours déclare qu'il faut se conformer, sur un point de discipline, aux règles posées par le
1. £/). II, ioc. cit. Laiulifiuicité do celle Icllrc a éle conleslée, à cause de sa date : Xf Kalcnd. Mariil. Honorio Augusto f^l et Aristencto consulibus (i5 février 4'^4)- O^* s'esl demandé comment le j)aj)e Inaocenl avail pu adresser en février une lettre à ^ ictrice, qui était à Rome au mois de décembre ou au mois de janvier précédent. Voy. j)Our la solution de cette difficullé une noie dans Migne, P. L., t. XX, col, 4^5; cf. Tiliemont (lHéinoires pour servir à ^Histoire ecclésiastique, t. X, p. 828, n. 2), qui opine pour la date i5 février 40').
2. « Rcgularum Librum quasi didascalum atque monitorem. w Ep. II, ad Viclricium, loc. cit., col. 470.
3. « l">rit dileclionis lu;r, per j)l('!)es finilimas et consacerdotes nostros qui in iilis regionibus propriis ecclesiis prîcsident... liuuc librum... setiulo insinuare. » Ibid.
pape Innocent clans sa lettre à Victrice'. C'est ainsi que l'évêque de Rouen, longtemps encore après sa mort, taisait prévaloir en Gaule l'autorité de l'Egrlise romaine.
I. Concil. Tiiroii., 667, eau. xxi (xx), dans Concilia meroi-ing. de Maassen, p. 128 : « Et quia in sententiani papoc Innocentii ad Victiiciiim episcopiim Rotomagensem latam legitur scriptum, »