VUE DE L’ABBAYE DE PEBRAC (HAUTE-LOIRE
M. Olier, titulaire de cette abbaye, distribue des aumônes aux pauvres du voisinage. — Fondateur de la Congrégation de Saint-Sulpice, ami et disciple de saint Vincent de Paul, Olier eut une part importante dans l’établissement des séminaires et se montra aussi zélé pour l’instruction des pauvres que pour la bonne éducation du clergé, et pour l’abolition des duels. Il mourut entre les bras de saint Vincent.
rempli de l’esprit sacerdotal qu’il donna au séminaire des Bons- Enfants servit de loi à tous les séminaires de sa congrégation et devint le fond commun de l’éducation cléricale dans les autres.
Désormais donc l’œuvre des ordinands et des séminaires, unie à celle des missions, étendit les emplois de la compagnie de Saint-Lazare aux nécessités spirituelles du clergé et du peuple. Vincent s'efforcait d’élever ses compagnons à cette haute mission auprès du clergé
en les ramenant de plus en plus aux saints abaissements de l’humilité.
« Qui sommes-nous, leur disait-il, pour ce ministère? Nous ne sommes que de chétives gens, de pauvres laboureurs et paysans ; et quelle proportion y a-t-il de nous misérables à un emploi si saint, si éminent et si céleste ? — C’est pourtant à nous à qui Dieu a confié une si grande grâce, que celle de contribuer à rétablir l’état ecclésiastique. Dieu ne s’est pas adressé pour cela aux docteurs, ni à tant de communautés pleines de science et de sainteté ; mais il s’est adressé à cette chétive, pauvre et misérable compagnie, la dernière de toutes et la plus indigne. » Il leur expliquait encore par quelles voies Dieu avait amené l’institut à ses diverses fonctions, afin qu’ils trouvassent dans cette conduite de la Providence un encouragement et de nouveaux motifs de zèle. « Au commencement, notre petite compagnie ne s’occupait qu’à son avancement spirituel et à évangéliser les pauvres. En certaines saisons elle était retirée en son particulier, et en d’autres elle allait enseigner les peuples de la campagne. Dieu a permis qu’en nos commencements il n’a paru que cela ; mais dans la plénitude des temps, il nous a appelés pour contribuer à faire de bons prêtres, à donner de bons pasteurs aux paroisses et à leur montrer ce qu’ils doivent savoir et pratiquer. Oh ! que cet emploi est haut ! Qu’il est sublime ! Oh ! qu’il est au-dessus de nous ! Qui est-ce d’entre nous qui avait jamais pensé aux exercices des ordinands et des séminaires? Jamais cette entreprise ne nous était tombée en l’esprit, jusqu’à ce que Dieu nous eût signifié que son plaisir était de nous y employer. Il a donc porté la compagnie à ces emplois, mais sans choix de notre part ; et pourtant il demande de nous cette application ; mais une application sérieuse, humble, dévote, constante, et qui réponde à l’excellence de l’œuvre. »
En même temps que Vincent de Paul présidait à la multiplication des séminaires, il dirigeait de ses conseils les prêtres les plus vertueux, les évêques zélés qui s’occupaient comme lui de restaurer la discipline ecclésiastique. On le consultait de toutes parts, tant était grand son renom de sagesse et de sainteté. Prélats, grands seigneurs, abbés, dames du monde et religieuses, tout le monde s’adressait à lui. Affaires temporelles, affaires de conscience, tout lui était soumis et il
L’ACTION
répondait à tout. « On ne s’égarait pas, dit Bossuet, en suivant ses conseils, car ils étaient précédés par ses exemples. »
Ses services ne manquèrent pas non plus aux ordres religieux. Le choix de saint François de Sales l’avait fait supérieur du premier monastère de la Visitation établi à Paris. Pendant quarante ans il dirigea les Filles de Sainte-Marie avec une sagesse et une douceur qui leur faisaient retrouver en lui leur admirable Père. Dans ses fréquentes visites aux maisons de Paris et de Saint-Denis, il entretenait les religieuses dans la ferveur de leur vocation en les pénétrant de l’esprit du saint évêque de Genève et de la Mère de Chantal. Il n’était pas moins attentif à les préserver de l’influence du monde, à les défendre contre les empressements du dehors ; il veilla surtout à ce que les erreurs insinuantes du jansénisme n’eussent point d’accès dans ces maisons de paix et de silence. Dans le cours de sa longue vie surchargée d’occupations, éprouvée par les infirmités, Vincent de Paul, ayant à diriger ses maisons de plus en plus nombreuses de missionnaires et de sœurs de la charité, avait voulu plusieurs fois renoncer à la conduite de cette autre famille que lui avait léguée son ami François de Sales; mais les instances de ces douces filles ne lui permirent pas de les laisser orphelines. Madame de Chantal, retenue à Annecy par le gouvernement de son institut, ne prenait conseil que de lui; elle voulut le voir avant de mourir et Dieu lui fit la grâce, après neuf ans d'angoisses intérieures, de ressentir dans ses entretiens avec le saint un avant-goût des béatitudes éternelles. Pendant qu’il entretenait la Visitation dans la ferveur primitive, il dotait le Carmel de disciples d’élite. Un jour il avait dit à Mademoiselle du Vigean : « Vous n’êtes pas faite pour le monde », et, peu après, cette héroïne de beauté quittait à vingt-cinq ans les enivrements du siècle et l’amour de Condé pour embrasser les saintes austérités de la pénitence.
Les évêques qui le consultaient sur les affaires ecclésiastiques l’appelaient aussi à la visite des monastères d’hommes et de femmes de leur diocèse pour y ranimer l’esprit religieux. Chargé par le Saint- Siège de la réforme des ordres monastiques, le grand cardinal de La Rochefoucauld avait trouvé en lui, comme il disait, son bras droit.
SAINT VINCENT DE PAUE
C’est à Vincent surtout que les congrégations de Sainte-Geneviève et de Grandmont attribuèrent le rétablissement de la discipline dans leur sein ; les anciens ordres de Saint-Benoît et de Saint-Bernard, de Saint- Antoine et de Saint-Norbert le virent aussi travailler à faire revivre en eux la ferveur primitive. Avec Frémont il fut le restaurateur de la stricte observance de Grandmont, et il aida Tarisse à faire entrer dans la réforme de l’illustre congrégation de Saint-Maur un grand nombre de monastères bénédictins. Il rendit au commandeur de Sillery ses bienfaits pour la Mission, en contribuant à la réforme des maisons et des terres de l’ordre de Malte. La compagnie naissante de Saint-Sulpice dut à ses conseils et à son assistance l’affermissement de l’oeuvre de son pieux instituteur. De toutes les communautés de France, pas une, a pu dire son premier historien, à qui il n’ait rendu des services soit généraux, soit particuliers. Son zèle n’était pas moins désintéressé qu’il était humble et charitable. Toujours prêt à faire passer les intérêts des autres congrégations avant ceux de la sienne, il voyait avec joie leur développement, et se plaisait en toutes circonstances à rendre hommage aux vertus de leurs membres.
Restaurateur de la piété monastique, il multipliait autour de lui la vie religieuse. Plusieurs compagnies de prêtres s’étaient formées à l’exemple de celle de la Mission pour les besoins du clergé et du peuple. Vincent de Paul s’en réjouissait. «Je loue Dieu, écrivait-il, de ce qu’il a pour agréable de se susciter en ce siècle tant de bonnes et saintes âmes pour l’assistance du pauvre peuple, et le prie de toute l’étendue de mon cœur qu’il bénisse les desseins de ces saints ecclésiastiques et les fasse réussir à sa gloire. » Au milieu de cette renaissance religieuse, d’où sortirent tant d’institutions charitables et tant d’œuvres de piété, la compagnie des Dames de charité était comme une pépinière de fondatrices de congrégations. Les filles spirituelles de Vincent de Paul propageaient la race des servantes de Dieu. Madame de Miramion, l’insigne bienfaitrice des missions de la Chine et de la Propagation de la foi, la patronne de toutes les œuvres de charité, celle que madame de Sévigné appelait une «Mère de l’Église», fondait, d’après les règlements approuvés par Vincent de Paul, la communauté
L’ACTION
de la Sainte-Famille et l'unissait aux Filles de Sainte-Geneviève. Ces pieuses filles, réunies trente ans auparavant par mademoiselle de Blosset, étaient allées consulter, avant de se former en communauté, le vénérable supérieur de Saint- Lazare, qui leur avait dit : « Dieu veut se servir de vous pour donner une nouvelle compagnie à son Église ; Notre-Seigneur en tirera sa gloire et il en reviendra au prochain beaucoup d’avantages. » Paroles prophétiques que devaient réaliser le zèle de madame de Miramion et le développement extraor-
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RÉFORME DE l’aBBAYE DE SAINT-DENIS
Le cardinal de La Rochefoucauld installe Dont Grégoire Tarisse et les Bénédictins réformés, malgré les protestations des anciens religieux. D’après une gravure de Simonneau, dix-huitième siècle. — Saint Vincent seconda de tout son pouvoir l’œuvre réformatrice du cardinal, qui l’appelait son « bras droit ».
dinaire de son oeuvre. Les deux petites communautés étaient pareillement instituées pour l'instruction des jeunes filles pauvres et le soulagement des malheureux; elle les fondit en une seule sous le nom de Filles de Sainte-Geneviève, que la reconnaissance populaire appela bientôt les Miramionnes.
Elle était aussi disciple et amie de Vincent de Paul, la pieuse institutrice des Filles de la Providence, madame de Pollalion. Établi supérieur de la nouvelle communauté, le saint étendit les applications du zèle de ces bonnes religieuses, et d’une oeuvre de refuge et de préservation pour les jeunes filles il fit sortir une autre oeuvre de propagande et de salut pour les protestantes, qui s’appela l’Union
chrétienne et fonda diverses maisons dites de Nouvelles Catholiques ou de Propagation de la foi. L’une d’elles fut le témoignage magnifique de la conversion du grand Turenne au catholicisme. Sous la conduite de Vincent de Paul et avec le concours de mademoiselle Le Gras, Marie de Lestang, une des dames les plus assidues de l’Assemblée de charité, instituait les Filles de Saint-Joseph pour l’éducation des orphelines. Une autre assistante du Père des pauvres, madame de Villeneuve, veuve à vingt-trois ans, relevait par ses conseils l’institut des Filles de la Croix, consacré à l’instruction gratuite des enfants. Fondée au diocèse d’Amiens par deux vénérables prêtres qu’une vile intrigue fit accuser d’hérésie, la petite congrégation eut Vincent de Paul pour protecteur après l’avoir eu pour juge. Comme l’homme de Dieu l’avait aidée à surmonter la persécution, jugeant qu’elle serait d’une grande utilité à l’Eglise, il la sauva de la ruine après la mort de sa nouvelle fondatrice, en lui procurant les libéralités de la duchesse d’ Aiguillon et en la plaçant sous la protection de madame du Traversay; celle-ci, fondatrice elle-même des Filles de la Conception, n’hésita point à se charger de la nouvelle famille. Béni et soutenu par le saint prêtre, l’institut des Filles de la Croix essaima au loin, embrassant toutes les œuvres de charité pour les femmes, depuis l’école jusqu’à l’hospice.
Le même zèle que Vincent de Paul apportait à la sanctification du clergé et au développement de la vie religieuse, il le mettait à la défense de la doctrine catholique. L’erreur n’eut pas d’adversaire plus déclaré que cet apôtre de la charité. Ce n’était point assez d’avoir contribué au bien de l’Église par de sages réformes et de salutaires institutions, il lui fallut aussi combattre des novateurs intempérants et dangereux qui usurpaient la même mission dans l’Église. De même qu’au siècle précédent les désordres du clergé avaient servi de prétexte à l’hérésie de Luther, de même au dix-septième siècle l’ardeur générale pour le rétablissement de la foi et des mœurs servit à favoriser l’erreur du jansénisme. Ce qui était l’œuvre de la piété et de la charité, un zèle exagéré et orgueilleux le voulut faire. Mais l’astuce habile d’un Saint- Cyran échoua devant la foi humble de Vincent de Paul, et l’hérésie put troubler mais non arrêter l’heureux développement de la religion.
L'ACTION
Avant de se déclarer sectaire, Duvergier de Hauranne, plus connu sous le nom de son abbaye de Saint-Cyran, s’était lié avec Vincent de Paul, à l’époque où tous deux fréquentaient le P. de Bérulle. Ils étaient du même pays, presque du même âge, mais bien différents de caractère : l’un « esprit inquiet, vain, présomptueux, farouche, se communiquant peu et fort particulier dans toutes ses manières », l’autre, avec l’âpreté de son tempérament de Gascon, le plus doux et le plus humble des hommes par la grâce. Saint-Cyran avait réussi à se faire une réputation de science et de vertu, mais l’esprit perspicace de Vincent de Paul n’avait pas tardé à pénétrer le sectaire. Son inactivité apparente, sa solitude affectée étonnaient celui pour qui la foi n’allait pas sans l’action. « Il ne me semble pas, lui répondait le taciturne, que servir Dieu en secret et adorer sa vérité et sa bonté dans le silence soit mener une vie inutile. » Leurs relations durèrent quelque temps. Peu à peu le factieux se découvrait « avec une audace qui exerçait la charité du saint sans tromper sa prudence » ; les idées de Saint-Cyran sur Calvin, dont il prenait le parti, sur le concile de Trente qu’il appelait un concile de scolastiques, sur l’Église elle-même qui, selon lui, n’existait plus depuis cinq ou six cents ans, épouvantaient l’humilité de Vincent autant qu’elles affligeaient son amitié.
Avec Jansénius, le confident de ses desseins, Duvergier prétendait réformer l’Eglise dans plusieurs points de la foi et de la discipline. Insinuant autant qu’ambitieux, il cherchait à circonvenir les communautés de prêtres et surtout les couvents de femmes, plus faciles à surprendre par une erreur qui se présentait sous les apparences de la piété. Il aurait bien voulu attirer Vincent de Paul à son parti, sachant qu’avec lui il gagnerait sa congrégation et beaucoup de personnes vertueuses. Dans son humilité, le vénérable père disait un jour à ses disciples : « J’ai toute ma vie appréhendé de me trouver à la naissance de quelque hérésie. Je voyais le grand ravage qu’avait fait celle de Luther et de Calvin, et combien de personnes de toutes sortes de conditions en avaient sucé le pernicieux venin, en voulant goûter les fausses douceurs de leur prétendue réforme. J’ai toujours eu cette crainte de me trouver enveloppé dans les erreurs de quelque
nouvelle doctrine avant que de m’en apercevoir. Oui, toute ma vie j’ai appréhendé cela. » Dieu permit que ce qu’il craignait arrivât, non pour l’épreuve de sa foi, mais pour la confusion de l’erreur. Connaissant l’hérésiarque, Vincent de Paul avait découvert de bonne heure l’hérésie.
Beaucoup de personnes cependant s’y laissaient prendre. Une sorte d’engouement de ferveur, joint à l’attrait de la nouveauté, portait les femmes vers ce réformateur rigide. On n’avait pas vu d’abord son esprit d’insoumission au Saint-Siège et d’opposition à l’autorité royale. Sa doctrine sur la grâce divine et la prédestination, que Jansénius devait développer plus tard dans le livre fameux de l’ Augustinus, n’était pas encore formulée de manière à montrer l’erreur. Ce qui attirait en lui, c’était la sévérité de sa morale et la curiosité d’un mysticisme nouveau. Cette âpre rigueur lui avait donné accès auprès d’âmes ardentes comme les jeunes réformatrices de Port-Royal, Angélique Arnault et sa sœur Agnès, exaltées pour la perfection, avides de propagande, et disposées à embrasser « toute nouveauté extraordinaire pourvu qu’elle eût l’apparence d’une réforme ». Après l’établissement des religieuses à Paris, Saint-Cyran avait fondé dans le monastère qu’elles abandonnaient, presque en même temps que Vincent de Paul prenait possession de Saint-Lazare, une communauté de gens de lettres épris de la réforme, qui devinrent les solitaires de Port- Royal. C’était comme une petite église à la fois mystique et savante, imbue des idées nouvelles et formée d’un singulier mélange de littérature et d’ascétisme, d’orgueil et de vertu. De là Saint-Cyran agitait les esprits, inquiétait les consciences, mettait la division dans l’Église et le trouble dans l’État. A la fin, le cardinal de Richelieu le fit arrêter.
Aussi longtemps que Vincent de Paul crut de sa charité d’agir auprès d’un ami égaré, il n’épargna ni lettres ni démarches pour le retirer de son erreur, mais quand il vit l’obstination du sectaire, il rompit d’abord avec lui et ne montra pas moins d’ardeur à combattre l’hérésie qu’il avait mis de charité à la prévenir. Ce fut lui, avec le P. de Condren, qui appela la vigilance de Richelieu sur les menées du
JEAN DUVERGIER DE HAURANNE, ABBÉ DE SAlNT-CYRAN
Le principal fauteur du jansénisme en France ; d'après une gravure de Morin, dix-septième siècle. — « Il fallait une hérésie à l'usage des politiques qui voulaient penser et vivre en protestants, sans se séparer ouvertement du catholicisme décidément victorieux. Le jansénisme fut ce moyen terme, et le père du mensonge n'en pouvait suggérer un plus adroit. »
novateur. Le grand ministre comprit le danger pour l’Église et pour l’État. Plusieurs hauts personnages s’étaient interposés. « Savez-vous bien, disait-il à Condé, de quel homme vous me parlez ; il est plus dangereux que six armées. » En vain la duchesse d’Aiguillon ellemême voulut-elle intercéder en faveur du prisonnier. Pour toute réponse, le cardinal lui dit de s’informer soit auprès de M. de Condren, soit auprès de M. Vincent, les deux plus gens de bien du royaume, qui s’étaient faits les accusateurs de Saint-Cyran par principe de conscience. Elle vit le P. de Condren, et fut si épouvantée qu’elle retourna au cardinal pour lui déclarer qu’elle se départait entièrement de l’affection de ce prisonnier.
La mort de Saint-Cyran, arrivée quelques mois après son relâchement, ne fit que mettre "davantage au jour les projets de la secte. De sa prison de Vincennes, il avait inspiré le livre de la Fréquente Communion , qu’il vit paraître avant de mourir. Aux erreurs de YAugustinus sur la grâce et le libre arbitre, son neveu Barcos ajouta, à son instigation, la doctrine des deux chefs dans l’Eglise. L’hérésie était complète. Elle détruisait l’économie de la rédemption, fondée sur l’universalité de la grâce, et la constitution de l’Eglise, établie sur la suprématie pontificale; elle conduisait à l’indifférence religieuse par le fatalisme et ruinait la pratique des oeuvres par l’excès des devoirs.
Au milieu des divisions que les doctrines nouvelles engendraient parmi les docteurs, Vincent de Paul, ferme dans la foi, inébranlable dans son humble soumission à l’Eglise, luttait contre toutes les sollicitations et contre tous les efforts de l’hérésie. « C’est ce qu’il a fait, dit son premier historien, avec autant de vigueur et de courage que de prudence et de modération; ne dissimulant point quand il fallait parler, et ne parlant toutefois qu’autant qu’il le jugeait nécessaire, soit pour confirmer ceux qui acquiesçaient au jugement de l’Église, soit pour réduire ceux qui ne voulaient pas s’y soumç^tre, soit pour redresser et affermir ceux qui chancelaient et étaient en péril de tomber, ou enfin pour rendre constamment le-témoignage qu’il devait à la vérité. » Il savait néanmoins, ajoute Abelly, « faire la distinction des personnes d’avec l’erreur; détestant l’erreur et gardant toujours en
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son cœur une vraie et sincère charité pour les personnes, dont il ne parlait qu’avec grande retenue, et plutôt par esprit de compassion que