‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 107 sur 236 · S XJ O · texte numérisé non relu

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les esclaves de Tunis ou sur le banc des forçats. Un vertueux évêque, qui ne l’avait pas vu depuis son entrée à la cour, l’ayant trouvé ensuite aussi humble, aussi affable, aussi disposé à rendre service qu’auparavant, ne put s’empêcher de lui dire : « Monsieur Vincent est toujours M. Vincent. » L’ancien pâtre de Pouy ne voyait dans les honneurs qu’un nouveau motif de s’abaisser; il allait à la cour comme chez les pauvres, avec sa vieille soutane tout usée, mais sans tache et sans trou. Mazarin raillait cette simplicité. Le prenant un jour par sa ceinture, il dit, en le montrant à la reine : « Voyez donc, madame, comme M. Vincent vient à la cour, et la belle ceinture qu’il porte ! » Et Vincent s’inclinait respectueusement.

On ne saurait dire combien fut étendue l’action de Vincent de Paul au sein de ces honneurs si onéreux pour son humilité ; elle s’exerça jusque sur les duels. La douce influence de l’Église avait fait cesser peu à peu les jeux sanglants du cirque, les épreuves judiciaires, les combats en champ clos. Les duels étaient un reste de ces usages barbares. Une première fois réprimés par Henri IV, ils avaient repris avec une nouvelle furie à la faveur des troubles publics. L’échafaud d’un Montmorency, dressé par Richelieu, n’avait même pu les arrêter. Depuis l’affaire de M. de Gondi, Vincent avait conçu une nouvelle horreur contre une pratique aussi détestable entre chrétiens. Son entrée au conseil de conscience fut marquée par de nouvelles mesures contre les duellistes ; mais il sentait combien les répressions les plus sévères seraient inefficaces contre l’habitude et le faux point d’honneur, si la conscience n’était intéressée à l’affaire. Dans son zèle pour l’abolition des duels, il se rencontra encore une fois avec M. Olier. Le digne curé de Saint-Sulpice avait formé dans la même pensée une association des premiers gentilshommes, qui s’engageaient par serment à ne jamais se battre. Les maréchaux de France, juges de l’honneur, en approuvèrent les statuts ; les évêques rappelèrent aussi les canons de 1 Église. De son côté, Vincent s’employa avec son ami auprès d’Anne d Autriche pour obtenir la sanction royale, et le jour même où le jeune roi Louis XIV, devenu majeur, annonçait au Parlement qu il prenait la conduite de l’État, il portait deux édits, l’un contre

L’INFLUENCE

les blasphèmes, l’autre contre les duels. Et ainsi disparut pour lors cette coutume barbare.

Cependant Vincent de Paul et Mazarin étaient en opposition au conseil de conscience, « parce qu’il était presque impossible, dit madame de Motteville, que l’humilité, la pénitence et la simplicité

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