LA FUREUR DES DUELS ARRÊTÉE
D’après une peinture de Le Brun au plafond de la grande galerie du palais de Versailles, dix-septième siècle. — La Justice sépare les combattants. Saint Vincent s’efforça toute sa vie d’empêcher les duels, qui décimaient les rangs de la noblesse française.
évangéliques s’accordassent avec l’ambition, la vanité et l’intérêt qui y régnaient. » Dès que son autorité eut été tout à fait affermie, le ministre, ne consultant plus que la raison politique, voulut disposer à son gré des évêchés et autres bénéfices ecclésiastiques. Quoique toujours respectueux et modéré, Vincent de Paul s’opposait résolument aux exigences du cardinal, quand il y allait de l’intérêt de la religion. Ne pouvant vaincre les résistances de l’homme de Dieu, Mazarin, maître absolu des affaires, finit par abolir le conseil, sans toutefois
que la pieuse reine cessât, dans les occasions importantes, de consulter secrètement celui en qui elle avait toute confiance.
Mais à l’opposition religieuse était venue s’ajouter une opposition politique plus redoutable pour la puissance de Mazarin. Les avertissements n’avaient pas manqué à la reine. Vincent de Paul lui transmettait les plaintes que le gouvernement de l’Italien soulevait parmi les plus hommes de bien de la capitale. Emmanuel de Gondi, à qui elle avait offert au commencement de la régence la charge de premier ministre, était sorti de sa retraite de l’Oratoire pour lui représenter les dangers de l’omnipotence croissante de Mazarin. Le Parlement s’unissait au clergé dans ses doléances. La régente, subjuguée par l’ascendant de l’habile ministre, subissait une domination que les succès de la politique extérieure semblaient justifier. Une première fois Mazarin avait eu raison de la cabale des importants , reste des partis vaincus par Richelieu, réunis autour du duc de Beaufort. Son règne s’était même affermi à la faveur des victoires de Condé contre les Impériaux, qui avaient profité des embarras d’une régence pour envahir de nouveau le royaume. Mais ces victoires coûtaient cher, et l’heureux ministre, pour avoir voulu en faire payer le prix au Parlement et aux autres cours souveraines, allait rouvrir l’ère des luttes intestines.
En même temps que la paix de Westphalie était signée, éclataient les troubles de la Fronde. Au coup d’État contre le Parlement le peuple avait répondu par la Journée des Barricades. Devant l’émeute, la cour s’était retirée à Saint-Germain. Bientôt l’armée royale affamait Paris. Sans prendre parti dans la lutte, Vincent de Paul ne vit que la détresse de la population. Il ne tint pas à lui que le blé n’entrât librement dans les murs selon la promesse qu’il avait obtenue de la reine. Tous les jours il faisait faire à Saint-Lazare des distributions de potage à deux mille pauvres, et lui-même parcourait les quartiers de la ville à la recherche des pauvres infirmes et honteux. La misère s aggravait au milieu des troubles. Paris était la proie des factions. Les princes faisaient cause commune avec le Parlement et le peuple. L opposition a Mazarin se changeait en une insurrection dont le cardi-
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