MAISON DE MADAME DE B R ET O N V I L L I E R S , A PARIS
D’après une gravure d'Israël Sylvestre, dix-septième siècle. — Madame de Bretonvilliers. membre de l’Association des Dames fondée par saint Vincent, avait établi dans celle maison un magasin central de secours pour les provinces ravagées par la guerre, la famine et la peste. La maison de madame de Bretonvilliers était située à la pointe de file Notre- Dame (ile Saint-Louis), sur l’emplacement occupé aujourd’hui par le terre-plein du pont de Sully.
SAINT VINCENT DE PAUE
la place à l’autorité légitime, et comme un travail de la France prête à enfanter le rèsne miraculeux de Louis ».
Si Vincent de Paul avait un si grand zèle pour la paix, c’est qu’il avait connu de plus près que personne les maux de la guerre. Depuis le commencement des hostilités avec l’Autriche, la Picardie et la Champagne n’avaient point cessé de servir de champ de bataille aux deux armées impériale et française. Ravagées tour à tour par les amis et par les ennemis, ruinées, affamées, ces malheureuses provinces offraient, comme la Lorraine, le spectacle de la plus affreuse misère. A ces calamités la guerre des Princes était venue ajouter des horreurs plus grandes encore. Profitant des discordes intestines du royaume, Espagnols et Impériaux avaient fondu de nouveau, par les Pays-Bas et la Franche-Comté, sur les contrées qui leur ouvraient la route de Paris. Massacres , incendies , dévastations des fermes, des moissons, des églises, viols et pillages, peste et famine, telles étaient les suites de ces guerres continuelles.
La miséricordieuse Providence suscita encore une fois Vincent de Paul pour réparer les maux de la politique. On vient lui apprendre qu’après la levée du siège de Guise par les troupes de l’archiduc Léopold, un grand nombre de soldats des deux camps étaient restés malades et mourants de faim, sans trouver de secours auprès des habitants, aussi dénués qu’eux : aussitôt il organise un petit convoi de vivres qu’il expédie avec deux missionnaires. Le lamentable récit de scs envoyés lui fait connaître bientôt qu’il s’agit de provinces entières à secourir. C’était l’œuvre de la Lorraine à recommencer en plus grand. L’homme de Dieu ne se décourage point. Quoique Paris absorbe ses ressources pour ses propres souffrances, il fait appel à un surcroît de charité. Les Dames de son assemblée acceptent cette nouvelle œuvre, toutes les chaires de Paris retentissent à son instigation des cris de détresse de la Champagne et de la Picardie, et lui-même compose avec les relations des premiers envoyés un récit pathétique des besoins des deux infortunées provinces , puis un petit traité sur l'Aumône chrétienne suivi d’une Instruction pour le soulagement des pauvres , dans laquelle il donne jusqu’à la recette pour composer
L’INFLUENCE
des potages économiques qui seront la principale nourriture de ces populations affamées. Les missionnaires racontaient qu’ils avaient vu des hommes manger la terre, brouter l'herbe, dévorer leurs misérables haillons et l’écorce des arbres, enfin se manger les bras et les mains et mourir dans le désespoir. Leurs relations périodiquement publiées en-