LE SOUTIEN DE LA VEUVE ET DE L’ORPHELIN
Fresque d’Alph. Perin dans l’église de Notre-Dame-de-Lorette, à Paris. dix-neuvième siècle. — LaCroix est « le soutien de la veuve et de l'orphelin », et de tous ceux qui souffrent. La vue d’une croix soutenait saint Vincent de Paul dans les luttes de sa dernière maladie.
ferme pour la fin que nous nous proposons dans nos bonnes entreprises, mais usons de douceur dans les moyens que nous employons, imitant en cela les conduites de la sagesse de Dieu, qui atteint
fortement à ses fins, et toutefois dispose suavement les moyens pour y parvenir. »
Vincent de Paul avait formé sa congrégation sur son modèle, lui inculquant cet esprit de bénignité et de mansuétude, qu’il croyait plus efficace pour gagner les hommes à Dieu que la force de la dispute et la subtilité des arguments. Comme saint Paul à Timothée, il disait à ses compagnons qu’il ne faut point qu’un serviteur de Jésus-Christ use de contestations ou de disputes. Aussi leur recommandait-il pardessus tout la bonté envers les gens de la campagne, la bienveillance avec les hérétiques et les pécheurs. Le bon père était heureux qu’on remarquât à Saint-Lazare un abord facile, une ouverture de coeur et une certaine simplicité charmante qui touchaient tous les visiteurs ; il aimait à attribuer le succès des missions de la compagnie à l’usage de traiter affectueusement, humblement et charitablement le prochain. Pour lui, c’était la vraie manière d’imiter la conduite de Jésus-Christ avec les hommes. La grâce et la bénignité du divin maître le ravissaient, et il s’écriait : « O Sauveur! que ceux-là étaient bien heureux qui avaient la grâce de vous aborder! Quel visage! quelle douceur! quelle cordialité leur montriez-vous pour les attirer! Quelle confiance ne donniez-vous pas aux âmes pour vous approcher. Oh ! quelles marques d’amour!... Mon Sauveur! celui qui aurait cet abord amoureux et cette bénignité ravissante, oh ! qu’il ferait de fruits dans votre Église ! »
A cette aménité toute suave, toute miséricordieuse, Vincent de Paul joignait l’humilité la plus vraie, la plus absolue. Dans cet homme d’un esprit si net, si positif, toutes les vertus étaient tournées à l’activité, et elles avaient un caractère pratique qui en fait comme la marque particulière de cette haute sainteté. C’étaient chez lui de vraies habitudes de l’âme se manifestant dans toutes les circonstances de la vie. Elles passaient en action par l’effet de la grâce, qui s’était si bien substituée en lui à la nature, qu’il n’avait plus rien des passions ni des faiblesses de l’homme. Ainsi son humilité n’était pas seulement un bas sentiment de lui-même, fondé sur la grandeur de Dieu et sur la conscience de son néant, mais elle se traduisait en toute occasion par