‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 13 sur 236 · CHARITÉ DE SAINT BENOIT ET DES MOINES · texte numérisé non relu

CHARITÉ DE SAINT BENOIT ET DES MOINES

Fresque de Spinello d’Arezzo dans la basilique de San Miniato à Florence, quatorzième siècle. — Un Goth ayant laissé tomber dans le lac le fer de l’instrument avec lequel il défrichait la' terre, le saint le lui rend miraculeusement; près de là ses religieux se livrent à l’agriculture. Benoît prélude par la charité à la mission charitable de ses moines. « Missionnaires et laboureurs, ils ont propagé la paix et la foi, la lumière et la vie, la liberté et la charité, la science et l’art... Ils ont été les pères nourriciers de toutes les nations modernes. » (Montalembert, les Moines d’Occident, II, p. 72 et 74.)

de vivre dans la grâce de Dieu, seul vrai bonheur et unique but de la vie. Il bénissait la Providence, qui, par d’invincibles et éternelles lois, a disposé que la foule des âmes feraient ici -bas leur temps

INTRODUCTION

d’épreuve derrière ce saint et fort rempart de la pauvreté. Ad quem respiciam , dicit Dominas , nisi ad pauperculinn , et contrituin spimtu, et trementem sermones meos. (Is. 66.)

La société moderne rejette ces maximes, sur lesquelles l'ancienne société, solidement assise par la sagesse de l’Évangile, a traversé tant de sombres jours sans que sa raison se troublât et sans que son existence en fût menacée. Chose étonnante et effrayante! on est parvenu à éloigner les misères indescriptibles qui fondaient jadis sur la pauvreté, et la pauvreté est devenue une plaie plus redoutable que ne l’était jadis la plus acerbe misère. Où la charité suffisait, l’on voit échouer toutes les combinaisons de la politique. A la place de la misère résignée, à la place de la pauvreté contente, l’hydre formidable que l’on nomme le paupérisme se dresse et propose aux hommes d’Etat ce problème deux fois insoluble, savoir : comment on pourra faire accepter au plus grand nombre des hommes qui se déclarent pauvres, la pauvreté dont ils ne veulent plus; ou comment on changera la constitution éternelle des sociétés humaines en supprimant la pauvreté et en enrichissant tout le monde. Car nous en sommes là : depuis que le fait naturel de la pauvreté est devenu le phénomène subversif du paupérisme, et que la science, naturelle aussi, de la charité est devenue l’art incertain et compliqué de l’assistance publique, il semble que la société ne peut plus porter les lois de la nature, et qu elle n a désormais que 1 alternative de périr sous leur poids, ou de périr en les rejetant.

1 elle est la plaie. Les économistes et les socialistes prétendent la guéiii. Ceux-ci, considérant le pauvre comme un ennemi, le veulent séquestici dans de pi étendues maisons de charité qui sont en réalité des maisons de force; ceux-là, voyant dans le pauvre un maître, veulent obligei la société a lui procurer, par d’impossibles sacrifices, les impossibles jouissances que les courtisans de son orgueil lui appiennent a désir et . Publiquement discutées entre des empiriques, des ambitieux et des sectaires, ces utopies, à la fois criminelles et frivoles, ont aggravé le mal. Il n’en est résulté de part et d’autre que des ressentiments plus amers, une résolution plus aveugle d’en finir,

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