‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 14 sur 236 · CHARITE DE SAINT GREGOIRE LE GRAND ET DES PAPES · texte numérisé non relu

CHARITE DE SAINT GREGOIRE LE GRAND ET DES PAPES

Fresque d’Antonio Viviani au couvent de San Gregorio , à Rome, seizième siècle. — Le pape préside au repas qu’il faisait donner chaque jour à douze pauvres dans le palais de son père converti en monastère. Jésus-Christ, sous la forme d’un ange, vient prendre place parmi les convives. Sur la façade de l’église du monastère une inscription constate que de là sont partis, envoyés par saint Grégoire, les premiers apôtres des Anglo-Saxons.

INTRODUCTION

ici par la force, là par les révolutions. Mais, lorsqu’un peuple a perdu l’Evangile, il n’y a point de force qui le puisse contiaindre a souffrir sans murmure tout ensemble les fatigues du travail et les privations de la pauvreté; pas plus qu’il n’y a de révolution qui puisse contraindre la terre à se couvrir d’épis sans semailles et sans labour. Le système des bagnes de charité (inapplicable d’ailleurs en France, tant que la France restera catholique) triomphe en Angleterre : il v est un principe de ruine actif et certain. A 1 heure de la révolution, ces tanières, où la société anglaise nourrit ses pauvres, vomiront sur elle des bêtes féroces. Le système de l’égalité des fortunes et des jouissances sans travai. est en vigueur dans la Nouvelle-Zélande : on y meurt de faim, lorsque l’on n’a pas un homme à manger.

Entre ces solutions topiques du problème de la misère, il y a les puérilités des philanthropes et les spéculations des entrepreneurs de bienfaisance. Gens de bien, qui ne fuient point leurs aises et qui ne dédaignent pas les fumées de la gloire ! Ils ne s’accommoderaient guère, comme saint Vincent de Paul, d’habiter toute leur vie une chambre sans feu; ils ne diraient jamais, ce que le Saint enseignait à ses disciples, « qu’il vaudrait mieux être jeté pieds et mains liés parmi les charbons ardents, que de faire une action en vue d’obtenir les louanges des hommes. » Au contraire, ils se font, le plus promptement qu’ils peuvent, authentiquer bienfaiteurs du genre humain. Accumulant les décorations et les prix de vertu, ils finissent par tremper confortablement leur soupe avec le bouillon des pauvres. Ce n est pas la peine d’en parler davantage. On ne voit point que les pauvres sachent grand gré à ces parasites de vivre et de s’engraisser sur eux.

Nous justifierons cette conclusion en considérant un moment ce que réclament la dignité des pauvres et leurs intérêts, deux points de très grande conséquence pour la société tout entière.

A travers les éclats de leur zèle charitable, nous voyons les économistes et les socialistes mépriser les pauvres parfaitement, n’avoir aucun souci, les piemiers de leur liberté, les seconds de leur dignité; et, soit

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