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Fresque peinte par Alphonse Perin dans l’église de Notre-Dame-de-Lorette, à Paris, dix-neuvième siècle. D’après le dessin original communiqué par M. Félix Perin, architecte. — Après la mort de saint Vincent de Paul, l’hospitalité fut pratiquée à Saint-Lazare comme elle l'avait été de son vivant ; la maison ne cessa pas d'offrir un asile gratuit aux ecclésiastiques, aux gens du monde et aux pauvres.
cupent principalement de la formation du clergé et de l’évangélisation du peuple, tant à l’étranger qu’en France. La Société des Missions étrangères, dont saint Vincent avait eu le fondateur pour ami, s’est
SATNT VINCENT DE PAUL
inspirée aussi de l’esprit et des premiers travaux de la Compagnie de Saint-Lazare. Presque aucune congrégation ne s’est fondée, depuis la fin du dix-septième siècle (et il en faudrait citer encore plusieurs importantes, comme celle des Saints-Cœurs, dite de Picpus), sans prendre à peu près la forme et les fonctions de la Mission. Toutes ces congrégations contribuèrent grandement au bien de l’Église, au progrès de la foi, les unes par l’extension de leurs œuvres à toutes les parties de la France et du monde, les autres par leur action locale. Combien de diocèses, au milieu des influences pernicieuses de la philosophie et du bel esprit du siècle dernier, ne furent-ils pas redevables du maintien de la religion à ces nombreuses congrégations issues de saint Vincent de Paul, qui formaient de bons prêtres dans les séminaires et par les retraites, et qui prêchaient le peuple avec un zèle infatigable!
A côté des Prêtres de la Mission, les Filles de la Charité grandissent et se multiplient dans leur sublime vocation. Si rapide fut leur extension en France et en Pologne qu’un demi-siècle à peine après la mort de ■ saint Vincent, M. Bonnet, supérieur général de la Congrégation, pour rendre la visite de leurs maisons plus facile, les divise en dix-neuf provinces : Paris, environs de Paris, Ile-de-France, Artois, Picardie, Normandie, Perche, Bretagne, Anjou, Poitou, Bordeaux, Agen, Languedoc, Lyon, Auvergne, Bourgogne, Champagne, Lorraine, Pologne. En 1721, une circulaire du même supérieur fait connaître que les sœurs sont dispersées en plus de trois cents villes, bourgs ou villages du royaume, sans compter celles qui sont au dehors. En 1772, le nombre de leurs établissements en France était de plus de quatre cents.
Au milieu de cet accroissement, les leçons toujours vivantes de saint Vincent de Paul, répétées par ses successeurs, entretenaient les servantes des pauvres dans l’esprit et la ferveur de leur ministère. « Ayez grand soin, leur écrivait M. Bonnet, de vos chers maîtres les pauvres, qui sont les membres affligés du corps de Notre-Seigneur, qui se tient fait à lui-même tout ce que vous faites au plus petit d entre eux. Servez-les donc en esprit de foi, non comme des hommes
LA POSTERITE
JDD
méprisables, mais comme les enfants du Père céleste, les «frères et les cohéritiers de Jésus-Christ, et les temples vivants du Saint-Esprit. » Une autre fois, il recommande aux sœurs de maintenir le bon ordre et l’économie dans leurs maisons, afin de gagner la confiance des per-