‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 132 sur 236 · LA MORT DE MOLIERE · texte numérisé non relu

LA MORT DE MOLIERE

D’après le tableau de Vafflard, dix-neuvième siècle. — Durant une représentation du Malade imaginaire, au moment où il prononçait le mot Juro, Molière fut pris d’une convulsion et dut être emporté chez lui; il mourut étouffé par le sang, asssité par les deux religieuses auxquelles il donnait souvent d’abondantes aumônes.

sonnes charitables et d’augmenter les ressources des pauvres, mais en même temps il leur dit de se fier à la Providence dans les dépenses de chaque jour et de ne rien amasser pour l’avenir. Fidèle à l’institution du saint fondateur, M. Bonnet refuse d’employer les Filles de la Charité au service des riches, en rappelant qu’elles sont établies pour être les servantes des pauvres « leurs seigneurs et maîtres ».

SAINT VINCENT DE PAUE

Les circulaires des supérieures générales, qui succédèrent à Mademoiselle Le Gras dans le gouvernement de la communauté, entrent dans des détails plus pratiques, des recommandations plus intimes. Une des premières, la sœur Julienne La Boue, après avoir rappelé que les Filles de la Charité ajoutent aux trois vœux ordinaires celui de s’employer au service corporel et spirituel des pauvres, leurs véritables maîtres, ajoute cette touchante instruction : « Ce serait faire des fautes que de les traiter durement de paroles ou d’actions, ne leur rendant pas les services que nous sommes obligées; de les mettre sur la paille, sans paillassons et sans draps, sous prétexte d’épargne, et de les laisser longtemps sans les changer, et de ne pas regarder Dieu en leurs personnes. » Une autre supérieure générale, la sœur Chevreau, leur recommande de faire le bouillon aussi bon qu’elles le peuvent et qu’elles doivent, et d’éviter de lésiner sur la quantité de viande et sur le pain. C’est elle aussi qui leur dit : « Il faut mettre à la fin de ses lettres : Indigne fille de la Charité , serrante des pauvres malades , ce qui est notre plus beau titre. » L’esprit de charité inspire ces circulaires, qui sont comme une législation permanente de saint Vincent. Avoir pour les pauvres « un grand respect » et « des entrailles vraiment maternelles, surtout dans les jours calamiteux, où un grand nombre meurent de misère » : telle est la substance de ces simples et admirables prescriptions. Que les pauvres soient vicieux, injustes, ingrats : « séparons les défauts de leurs personnes, répond la miséricordieuse loi de saint Vincent de Paul; ils ont toujours droit à nos respects. Combattons leurs vices avec le zèle qu’une douce charité rend fructueux. » La sœur Angélique Hesnard développe admirablement ce conseil : « Souffrons de la part des pauvres, mais qu’ils ne souffrent jamais de la nôtre. C’est là notre règle invariable et comme un de nos premiers principes. Pour cela, ne nous permettons aucun

trait qui les contriste; . c’est la charité la plus parfaite qui doit

animer tous les services dont ils sont les objets : notre vie même leur appartient et ce sera toujours notre gloire de la sacrifier en leur faveur dans les circonstances qui l’exigeraient. »

Cette gloire fut abondante pour les filles de Saint-Vincent-de-Paul.

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