‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 141 sur 236 · ROBESPIERRE A LA TRIBUNE · texte numérisé non relu

ROBESPIERRE A LA TRIBUNE

Robespierre déclare que l’instruction doit être obligatoire, les enfants appartenant à l’Etat : « Laissons les prêtres, dit-il... La patrie seule a le droit d'élever ses enfants; elle ne peut confier ce dépôt à l'orgueil des familles, ni aux préjugés des particuliers. » (Séance de la Convention du 7 mai 1794.)

société doit la subsistance aux citoyens malheureux ». Et, afin de mettre ces principes à exécution, elle multiplia les lois et décrets. Après avoir arrêté par la loi du 19 mars j 790 que les biens des hôpitaux et des établissements charitables seraient vendus, elle inscrivit au budget un fonds de secours sur lequel chaque législature devait

attribuer, tous les ans, une somme à chaque département. La charité, cette institution des siècles chrétiens, fut remplacée par une caisse de prévoyance « dont les souscriptions devaient être affichées, tous les trois mois, devant la maison commune du chef-lieu de canton, et proclamées sur l’autel de la patrie , les jours consacrés aux fêtes nationales. » Tout père de famille qui vivait de son travail avait droit à un secours proportionné à ses ressources et au nombre de ses enfants. La Société maternelle dont la reine Marie-Antoinette avait été la première protectrice, et qui était destinée à venir en aide aux mères de famille indigentes, était supprimée, mais on accordait une prime aux filles-mères, en les plaçant sous la protection de l’Etat. Les enfants abandonnés, désignés d’abord sous le nom d’orphelins et plus tard sous le titre pompeux d’ « enfants de la patrie», étaient à la charge de la nation. Les vieillards indigents devaient recevoir une pension qui pouvait s’élever jusqu’à 120 livres.

Personne n’était oublié dans ces pompeux décrets ; mais plus la Révolution légiférait, plus les malheureux abondaient. Ne pouvant ni supprimer ni secourir les pauvres, elle résolut de se débarrasser de leur vue importune. Demander l’aumône devint un crime ; à la première récidive, le mendiant était condamné à un an ; à la seconde, à deux ans de détention ; à la troisième, on le transportait pour huit ans dans une colonie pénitentiaire. Quiconque donnait l’aumône à un mendiant était condamné à une amende de deux journées de travail, au double en cas de récidive. (Loi du i3 octobre 1793.)

Toutes ces mesures furent impuissantes à faire disparaître la

misère. Le 11 mai 1794, Barère s’écriait de dépit, au sein de la

Convention : « la mendicité fait des progrès effrayants dans l’intérieur de la République. »

Des discours dans lesquels s’étalaient les déclamations emphatiques et les utopies extravagantes des nouveaux philanthropes, c’est tout

ce que pouvait produire la Révolution. Sur la parole de Barère, la

Convention vota d enthousiasme une loi qui avait pour but de venir au secours des pauvres dans les campagnes. Elle arrêta qu’il serait ouvert, dans chaque département, un registre appelé : Livre de

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