‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 142 sur 236 · I C\ CO · texte numérisé non relu

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la bienfaisance nationale , sur lequel pourraient se faire inscrire les cultivateurs vieillards ou infirmes, les mères et les veuves ayant des enfants, les artisans vieillards ou infirmes. Un crédit de 12,644,000 francs devait servir à faire face aux dépenses qu’entraînerait cette nouvelle organisation de la bienfaisance. Enfin la loi établissait la Fête du Malheur, pendant laquelle on devait lire le « livre de la bienfaisance nationale », en présence des jeunes citoyens des écoles primaires, et verser entre les mains des pensionnaires de la nation le payement de leur premier semestre.

On devine facilement quel fut le résultat de ces projets étranges : « Le Livre de la bienfaisance nationale n’a jamais été ouvert , dit M. Porquet, et il n’est resté de tout ce système que la confiscation des biens des hospices. »

L’instruction de l’enfance et de la jeunesse avait de tout temps excité la sollicitude de l’Église. Saint Vincent de Paul ne séparait pas l’école de l’hôpital, et les Prêtres de la Mission, les Filles de la Charité n’avaient fait que réaliser son idée, celles-ci en s’occupant d’instruire les petites filles pauvres, ceux-là en excitant le zèle des curés et en leur prêtant leur concours. Après lui, le vénérable de La Salle avait fondé une congrégation spéciale pour l’instruction gratuite des enfants de la classe ouvrière. L’œuvre de l’enseignement pas plus que celle de la charité, quoique ne coûtant rien ni l’une ni l’autre à l’Etat, ne pouvait échapper au vandalisme révolutionnaire. Par son décret du i5 septembre 179a, la Convention supprime vingt -trois universités, cinq cent soixante-deux collèges, qui comptaient plus de 72,000 élèves, et toutes les écoles primaires de garçons et de filles. C’était la destruction universelle de toute étude, de tout savoir, la ruine de toutes les institutions pédagogiques de la France si bien ordonnées alors, depuis les petites écoles de village jusqu’aux grandes universités des villes. Mais, comme le proclamait la Convention en envoyant 1 illustre Lavoisier à l’échafaud, la République n’avait pas besoin de savants.

Pendant que s accomplissait ce renversement de toutes les institutions charitables, les prêtres de Saint-Lazare avaient dû quitter leur

LA POSTERITE

maison : ils eurent du moins le bonheur de sauver leur précieux trésor, le corps de saint Vincent et quelques-uns des objets qui avaient servi à son usage. Plusieurs d’entre eux restèrent en France, et, au péril de leur vie, ils prodiguèrent tous les soins de la religion et de la charité aux fidèles des villes et des campagnes. Surpris dans

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