‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 150 sur 236 · LA CHASSE DE SAINT VINCENT DE PAUL · texte numérisé non relu

LA CHASSE DE SAINT VINCENT DE PAUL

dans l’église de la mission, a paris.

Œuvre d’Odiot, cette châsse, qui avait figuré à l’Exposition de l’industrie française en 1827, était une offrande du diocèse de Paris: en tête des listes de souscriptions s’étaient fait porter le roi Charles X, les princes et les princesses de la famille royale.

Les ossements du saint sont revêtus de riches étoffes de soie sous les ornements sacerdotaux. Le crucifix qu’il tient dans la main droite est le même qui lui servit à exhorter Louis XIII mourant.

Extrait d’une lettre de Mb1' de Quélen, archevêque de Paris, au supérieur général de la Congrégation de la Mission.

Archives de la Mission, à Paris.

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L’enfant du pauvre naît : il trouve un berceau et des langes préparés par de tendres mains de femmes. Si sa mère l’a abandonné, une sœur lui en tient lieu à l’hospice des Enfants-Trou vés ; à la crèche et à la salle d’asile il reçoit les soins, l’affection, l’éducation première que ses parents ne pourraient lui donner sans prendre sur le temps du travail. La Société de charité maternelle, avec l’Association des mères de famille, vient en aide aux pauvres mères en couches ; toutes deux encouragent le mariage en n’accordant leurs secours qu’aux femmes mariées. Les Salles d’asile instituées en 1828 par M. Denis Cochin, les Crèches fondées en 1846 par M. Marbeau, complètent l’œuvre des enfants trouvés, à laquelle saint Vincent de Paul a attaché pour toujours son nom ; ses filles la continuent dans les hôpitaux qui reçoivent les petites victimes de la misère ou de la débauche. Mais la charité chrétienne ne se contente pas de recueillir les enfants délaissés, elle va au-devant d’eux ; elle vole à leur secours dans les pays les plus éloignés où règne la coutume barbare de les abandonner. Tel est l’objet de l’œuvre de la Sainte -Enfance, cette

annexe précieuse des missions. En Orient, en Chine, elle recueille

une multitude de petits êtres. Avec une cotisation d’un sou par semaine, qui devient par la multiplication de l’aumône un capital

annuel de plusieurs millions, elle en sauve des milliers d’une mort immédiate et les fait chrétiens pour l’éternité. C’est l’institution de

saint Vincent de Paul prolongée par un de ses dignes imitateurs, Mgr Forbin-Janson, jusqu’aux extrémités de la terre et étendue aux enfants de l’infidèle.

Quand le petit enfant a grandi, des écoles s’ouvrent à lui dans toutes les villes, dans tous les villages. La gratuité de l’instruction est une idée chrétienne. Avant l’établissement des écoles communales , subventionnées par le budget de l’instruction publique, un prêtre ou quelque personne pieuse, avec l’agrément du curé, se chargeait dans chaque paroisse d’apprendre aux petits enfants la lecture, l’écriture, le calcul, le catéchisme. Saint Vincent de Paul avait voulu que les servantes des pauvres fussent aussi des maîtresses d’école. Avec le bienheureux de La Salle, l’institution des écoles gratuites devint géné-

LA POSTERITE

Telle en France. Aujourd’hui, d’innombrables congrégations religieuses d’hommes et de femmes n'ont pas d’autre emploi que l’enseignement des enfants de la classe pauvre. L’esprit du christianisme a mis à la portée des plus petits, des plus délaissés, les moyens de s’instruire. Près de deux millions d’enfants doivent chaque année, en France, à la charité catholique les connaissances nécessaires à leur condition.

ORPHELINAT DE ZI-KA-VEL (CHINE ) Un missionnaire fait le catéchisme aux enfants.

Plus admirable encore est la charité dans le soin qu’elle prend des orphelins. Ici, elle a fait des merveilles. Paris seul compte une centaine d’orphelinats ; il y en a cent cinquante autres dans le reste de la France, tous fondés en ce siècle et entretenus pour la plupart avec les aumônes catholiques. L’orphelinat pour les garçons et pour les filles a pris toutes les formes : institut agricole et industriel, collège,

école normale, ouvroir, manufacture, il est, en même temps qu’un

asile pour les enfants sans père ni mère, une maison d’apprentissage pour tous les états, une école de travail, de bonnes mœurs et de piété. L’orphelinat de Mesnières-en-Bray, le premier des établissements de ce genre, créé par M. l’abbé Eudes avec mademoiselle Marquésy, offre dans une sage organisation la réunion de divers métiers ; l’orphelinat d’Élancourt, dans le département de Seine-et-Oise, fondé en 1859 par M. l’abbé Méquignon, un de ces rares hommes d’œuvres nés pour le bien de leurs semblables, est un de ceux qui réalisent le mieux pour les enfants sans parents les conditions de la famille. Un des plus touchants est celui de Notre-Dame-des-Flots, établi à Dieppe pour les mousses. Parmi les orphelinats de filles on peut citer l’établissement des Enfants délaissés, créé en i8o3 par deux femmes pleines de foi et de charité, mesdames les comtesses de Carcado et de Saisseval ; son but est l’adoption toute gratuite de jeunes orphelines de mère, sans protection ni ressources, qui trouvent une famille dans les dames de l’œuvre.

A côté de l’orphelinat, le patronage avec ses ateliers, ses cercles, ses jeux, ses écoles, ses bibliothèques. Saint Vincent de Paul avait eu l’idée de cette œuvre, et l’essai en avait été fait en plusieurs lieux, d’après ses règlements. Aujourd’hui l’institution existe, sous différentes formes et sous des noms divers, pour les jeunes gens des deux sexes. Ce sont les patronages des apprentis et des jeunes ouvriers de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, les associations de jeunes gens dirigées par les Frères des Écoles chrétiennes, les Œuvres de Saint-Jean et de Saint-Nicolas, la Société des Amis de l’Enfance, l’Œuvre des Apprentis, les patronages des jeunes ouvrières dirigés par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, l’Association des Enfants de Marie et celle de Notre-Dame-de-Bon-Conseil. Toutes ces œuvres prennent le jeune garçon et la jeune fille après leur première communion, elles leur

offrent le dimanche un lieu de réunion , oui l’on trouve , entre les

offices et l’instruction religieuse, des jeux, des récréations, des amitiés honnêtes ; elles leur fournissent les moyens de compléter leur instruction dans les écoles du soir, de se placer en apprentissage, et elles

les entourent jusqu’à leur sortie de protection et de surveillance. Les

LA POSTERITE

garçons ont pour protecteurs et pour guides les bienfaiteurs de la maison, les Frères de Saint-Vincent-de-Paul, les Frères des Écoles chrétiennes ou des autres congrégations qui dirigent les patronages, et pour amis les jeunes gens des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, qui viennent prendre part à leurs jeux, en leur apportant de bons exemples et de bons conseils. Les filles sont placées sous la surveil-

l’orphelinat de notre-dame-des-flots

Etabli à Dieppe pour les jeunes mousses et confié aux Filles de la Charité.

lance d’une dame patronnesse qui les visite et les secourt dans le besoin ou la maladie. Les noms du vénérable M. Maurice Leprévost et de son digne successeur, M. Maignen, tous deux Frères de Saint- Vincent-de-Paul, de Msr de Bervanger, de M. le comte Victor de Noailles, de M. le vicomte de Melun, de MM. les abbés Landrieu, Dubeau, Roussel, de la sœur Rosalie, de madame de Ladoucette, restent attachés à cette utile institution. Les aliénés, les aveugles, les sourds-muets, ont une part particulière et privilégiée dans cet ensemble

SAINT VINCENT DE PAUE

d’institutions d’éducation, de patronage et d’assistance, qui suppléent à la famille et adoucissent les infortunes de la naissance.

Aux œuvres d’adoption et de patronage s’ajoutent pour la jeunesse les œuvres moralisatrices de correction et de réhabilitation. Les colonies pénitentiaires, auxquelles celle de Mettray, créée en i83y par M. de Metz et le vicomte de Bretignères de Courteilles, a servi de

FAÇADE PRINCIPALE DE L’ORPHEUNAT DE l’aSSOMPTION

Fondé à Élancourt ( Seine-et-Oise) par M. l’abbé Méquignon. — Commencé en 1859 avec douze jeunes garçons, cette œuvre abrite aujourd’hui trois cents orphelins; dix-huit sœurs de charité en prennent soin. On en fait des agriculteurs ou des jardiniers.

modèle, reçoivent les enfants indisciplinés, les jeunes détenus, les jeunes gens placés sous la surveillance de la justice jusqu’à leur majorité; ils y sont employés à des travaux industriels et agricoles qui leur permettent ensuite, par les sociétés de patronage, de prendre un état et d’y gagner honnêtement leur vie. Pour les jeunes filles , il existe aussi des maisons pénitentiaires dirigées par des communautés religieuses, où elles apprennent la couture, le ménage, les travaux des champs. Un grand nombre d’établissements recueillent celles qui

LA POSTERITE

veulent rentrer dans les voies de l’honneur et de la vertu. Déjà la sollicitude particulière de saint Vincent de Paul pour ces malheureuses créatures avait produit les maisons de la Pitié et de Sainte-Pélagie,

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