LA MÈRE DES ORPHELINS
« La virginité chrétienne n’est pas stérile; elle enfante Jésus-Christ dans les âmes par l’apostolat de la foi; elle le fait vivre dans les corps mômes par celui de la charité. » (A. Nicolas.)
formées à son instigation par madame de Miramion. En même temps naissait 1 Œuvre du Refuge, fondée à Caen en 1641 par le vénérable père Eudes; puis étaient venus les refuges du Bon-Pasteur, ouverts au repentir par madame de Combé à la fin du dix-septième siècle, en
plusieurs villes de France, avec les maisons semblables de Sainte- Valère et des Filles-du-Sauveur, fondées à Paris vers le même temps. Depuis, l’institution a merveilleusement germé. Une grande congrégation, dite du Bon-Pasteur, d’Angers, et qui compte près de cent cinquante établissements dans toutes les parties du monde, n’a pas d’autre objet que de recevoir les jeunes filles égarées qui veulent revenir au bien. L’Œuvre du Bon-Pasteur, reconstituée en 1819 par M. l’abbé Legris-Duval et madame la marquise de Croisy, l’Asile- Ouvroir de Gérando, dû à la générosité de l’académicien de ce nom, et placé sous la direction des sœurs de Marie-Joseph, l’Œuvre du refuge de Sainte-Anne, fondée en 1854 par mademoiselle Chupin , devenue, sous le nom de sœur Vincent Ferrier , la supérieure des religieuses dominicaines qui la dirigent, l’Œuvre de la Préservation, confiée aux religieuses du Nom-de-Jésus, l’Œuvre de Notre-Dame-de- Charité du Refuge, rétablie sur le plan du P. Eudes, l’Œuvre des Réhabilitées, l’institution de Notre-Dame-du-Refuge, ont aussi pour but de soustraire les jeunes filles aux entraînements du vice, de leur ouvrir un asile après la faute, de les ramener par la prière et le travail à une meilleure conduite, et de faire succéder la vie honnête au temps d’épreuve de leur vertu.
Les institutions de patronage et de préservation des apprentis ont leur complément dans l’Œuvre des Cercles catholiques d’ouvriers, née d’une même pensée qui réunit, au lendemain des désastres de 1870, deux hommes dont la vie était déjà vouée au service de la classe ouvrière, MM. Maignen et Paul Vrignault, avec deux jeunes officiers, Albert et Robert de Mun, auxquels les méditations de la captivité avaient inspiré le dessein d’une noble revanche par le relèvement moral du peuple. L’idée de l’œuvre, c’est le dévouement des classes dirigeantes à la classe ouvrière ; son but, c’est d’amener les chefs d’usine et d’atelier, les propriétaires et les fermiers à être vraiment les patrons, c’est-à-dire les protecteurs, les modèles, les pères de leurs ouvriers, à reconstituer avec eux des groupes sociaux pour faire revivre, dans la communauté des devoirs et des intérêts, les traditions de travail, d’honneur et de vertu qui étaient la force de l’ancienne
LA POSTERITE
France. Unis par les liens de la fraternité chrétienne, les membres des Cercles ont pour patron Jésus ouvrier, pour bannière la croix. Un comité général, préposé à la direction de l’Œuvre, la propage et l’entretient. Chaque Cercle a son local particulier, son aumônier et