‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 165 sur 236 · PORTRAIT DE M. BAILLY · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE M. BAILLY

L’un des membres de la première Conférence de Saint-Vincent-de-Paul.

plus haute, et qu’au début on n’eût osé espérer. Deux brefs , accordés le 10 janvier et le 12 août de cette année par Grégoire XVI, de vénérable mémoire, lui concédèrent de nombreuses et très riches indulgences. Suivant pas à pas, pour ainsi dire, le règlement de la Société, rappelant les bases de sa constitution, énumérant ses principales œuvres, ces brefs devinrent pour le clergé tout entier et pour tous les fidèles

la preuve convaincante que la plus haute autorité dans l’Eglise acceptait, approuvait, encourageait même la tentative essayée à Paris, il y avait douze ans à peine, et qui avait pris si vite un tel développement. Depuis lors, en effet, la Société de Saint-Vincent-de-Paul ne fut plus simplement une œuvre française et, comme le croyaient certains esprits, uniquement fondée en vue des besoins religieux de la France; elle devint une œuvre éminemment catholique, et à laquelle toutes les nations étaient conviées à s’associer.

La Belgique, la Hollande, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Irlande, l’Ecosse, les deux Amériques, la Suisse, l’Espagne comptèrent donc bientôt des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, aussi bien que l’Italie, où il s’en était organisé sous les yeux mêmes du Saint-Père. Mais lorsque, le 5 janvier 1 85 5 , Pie IX, de douce et sainte mémoire, daigna réunir dans l’une des salles du Vatican les membres des diverses conférences venus à Rome pour assister aux fêtes de la déclaration du dogme de l’Immaculée-Conception , lorsqu’il poussa la condescendance jusqu’à entendre dans cette assemblée solennelle la lecture du rapport présenté par le président général de la Société, et y répondre par la plus paternelle et la plus touchante des allocutions, le mouvement d’expansion ne connut plus de bornes. Des pays qui, comme l’Autriche, étaient jusque-là fermés à l’œuvre, l’appelèrent dans leur sein, et bientôt le caractère d’universalité de la Société de Saint- Vincent-de-Paul se manifesta à tous les yeux. Non seulement, dès lors, les Conférences se multiplièrent par centaines là où elles existaient déjà, mais elles prirent possession de vastes contrées où leur nom était même inconnu. La République Argentine, l’Uruguay, le Chili, le Brésil, l’Océanie même voulurent marcher sur les traces que leur avaient montrées le Mexique, les Antilles espagnoles et anglaises.

Tout cela s’était accompli simplement et sans grande combinaison. Chaque conférence, chaque province, chaque pays conservait dans la Société de Saint-Vincent-de-Paul son existence propre, son indépendance, la direction de ses œuvres, l’emploi exclusif de ses fonds. A part une légère offrande au centre de l’œuvre, offrande qui n’était jamais imposée, ni même demandée, et qui dans son ensemble ne dépassa

LA POSTÉRITÉ

jamais 8,000 fr. par an, les Conférences n’adressaient au secrétariat général de la Société que leurs rapports, et des demandes d’avis et de conseils. Il n’y avait donc là nulle organisation redoutable, nulle direction dangereuse, nul péril pour aucun gouvernement. Il eût paru, à s’en rapporter aux simples lumières du bon sens et de la raison, que les divers pays, et surtout la France, dussent accueillir sans ombrage

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