‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 167 sur 236 · ŒUVRE DE L’HOSPITALITÉ DE NUIT · texte numérisé non relu

ŒUVRE DE L’HOSPITALITÉ DE NUIT

Plan du rez-de-chaussée du premier établissement fondé à Paris en 1S7S. — Le but de cette œuvre est d offrir un abri gratuit et temporaire, pour la nuit, aux hommes. Elle est dirigée par un conseil d’administration composé en grande partie de membres des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul.

LA POSTERITE

Paul fut dénoncée aux gouvernements d’abord, aux populations ensuite, comme une redoutable machination ; non seulement, dans ces

ENTRÉE DU PREMIER ÉTABLISSEMENT de l’Œuvre de l'Hospitalité de nuit pour les hommes, à Paris.

DORTOIR DU REZ-DE-CHAUSSÉE du premier établissement pour l’hospitalité de nuit, à Paris.

pays et dans d’autres, les Conférences eurent à subir des persécutions plus ou moins locales, plus ou moins durables; mais en France, au

lieu même où l'institution était née et où l’on aurait pu mieux la connaître, le gouvernement s’effraya d’une œuvre qui faisait cependant honneur au pays, puisqu’elle le plaçait à la tête, en quelque sorte, du mouvement universel de la charité : il prit peur d’un fantôme qu’on dressa habilement devant ses yeux, et il détruisit l’organisation si simple et si inoffensive des Conférences françaises.

Ce coup, frappé en 1 86 1 , causa de grandes perturbations aux Conférences françaises ; mais, grâce à leur bon esprit, il ne les détruisit pas, ou du moins il n’en fit tomber que les plus faibles et les moins assises. A l’étranger, il ne produisit aucun résultat. Les Conférences savaient toutes si bien que l’organisation de la Société, loin de leur peser et de les opprimer, ne faisait que leur rendre des services, qu’au lieu de se séparer en groupes distincts, elles s’unirent de plus en plus au centre commun, qui tenait à honneur de rester en rapport avec elles, et maintinrent dans son unité une institution qu’elles avaient librement acceptée et dont elles appréciaient l’utilité pratique. Remercions sincèrement Dieu d’un aussi magnifique résultat, et espérons que cet esprit de concorde et d’union continuera toujours de régner dans l’œuvre!

Pour compléter ce coup d’œil rapide sur la Société de Saint- Vincent-de-Paul, il ne nous reste plus qu’à énumérer rapidement les œuvres qu’elle a entreprises, qui sans doute ne sont pas en vigueur partout à la fois, mais qui forment la riche couronne tressée à notre saint patron par les plus humbles de ses disciples.

L’œuvre universelle dans les Conférences, et celle qui les caractérise en quelque sorte, est la visite des pauvres à domicile. On ne se contente pas de donner des secours aux pauvres que l’on assiste; on va les leur porter chez eux, d’abord pour les honorer, puis afin de pouvoir, en connaissant mieux leur misère, leur donner les avis dont ils ont besoin. Cette première œuvre en appelle forcément bien d’autres autour d’elle, qui en sont comme le rayonnement. Car comment aller voir les pauvres dans leur triste habitation sans remarquer que le vêtement ne leur fait souvent pas moins défaut que le pain, et sans chercher à organiser pour eux des vestiaires, une lingerie, un prêt de

LA POSTERITE

draps et de couvertures dans les époques les plus froides de l’année spécialement? Comment surtout n’être pas frappé, chez un grand nombre, de l’insuffisance du ménage et des inconvénients qu’elle entraîne au point de vue hygiénique, moral, religieux? Comment encore ne pas entendre leurs doléances sur leur logement, souvent si mal tenu par eux, mais aussi parfois si délabré et si cher, et par suite comment ne pas

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