‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 168 sur 236 · DEUXIÈME ŒUVRE DE MISERICORDE : DONNER A BOIRE A CEUX QUI ONT SOIF · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ŒUVRE DE MISERICORDE : DONNER A BOIRE A CEUX QUI ONT SOIF

D'après Abraham Bosse, dix-septième siècle. — Les membres des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul pratiquent cette deuxième œuvre en portant aux pauvres des secours à domicile.

les aider par des conseils, puis par des secours opportuns, à améliorer leur petite chambre? Comment ne pas les exciter à redoubler d’ordre, d’économie pour prévoir cette époque toujours si redoutée du jour du payement, et, par un système de caisses de loyer qui mettent à l’abri leurs épargnes successives et les augmentent au moyen d’allocations charitables, ne pas les aider à franchir ce cap des Tempêtes qui s’appelle le jour du terme? Enfin, comme les pauvres sont souvent malades, comment ne pas leur procurer des médecins bienveillants, là où l’autorité publique n’a pas organisé ce service, ce qui arrive

dans bien des contrées? La visite des pauvres à domicile est donc à elle seule déjà tout un monde, et une Conférence ne fit-elle que s’y consacrer, elle aurait déjà accompli un bien immense, si elle s’y était adonnée dans le véritable esprit de la Société.

Mais de cette visite des pauvres, comme d’une source féconde, sortent d’autres œuvres. Ainsi, il n’est pas difficile de remarquer, dans les grandes villes, que les pauvres ont souvent beaucoup de peine à préparer leurs aliments ; les achetant par petites provisions, ils les payent plus cher, et le temps, le bois parfois font défaut, tandis que si une grande cuisine s’ouvrait pour eux, ils auraient à la fois meilleur et moins cher. C’est cette idée, aperçue par saint Vincent de Paul, qui lui fit fonder des marmites, ou fourneaux économiques, qui nourrirent durant les disettes de son époque un nombre incalculable de nécessiteux. Aussi ces fourneaux n’ont cessé d’être maintenus par les Filles de la Charité, et la Société de Saint-Vincent-de-Paul a entrepris de développer cette œuvre, si salutaire aujourd’hui spécialement où l’ouvrier travaille souvent fort loin de sa famille et de son ménage. A Paris, près de deux millions de portions sont distribuées chaque année de la sorte, et dans beaucoup de villes, tant en France qu’à l’étranger, cet exemple est suivi, sur une échelle plus ou moins large.

Trop souvent, en approchant le pauvre, on voit qu’il est fort peu judicieux dans l’éducation de ses enfants. Parfois, après les avoir maltraités sans raison et par caprice, il leur passe toutes les fautes les plus répréhensibles ; d’autres fois, il les laisse vagabonder dans la rue ou la campagne, sans s’occuper de les mettre à l’asile, à l’école, et sans s’inquiéter du maître ou de la maîtresse auxquels il les confie. Lorsque vient l’apprentissage, ces pauvres petits sont placés à l’aventure, remis au premier qui offre un salaire, lequel sera souvent funeste ; la Société de Saint-Vincent-de-Paul s’attache à prévenir ces inconvénients et ces malheurs. Elle veille à ce que les enfants des familles assistées aillent à une bonne école, et par des récompenses encourage leur bonne conduite et leur assiduité; quand la première communion est faite, elle a des réunions de persévérance, connues sous le nom de patronages, où elle groupe les jeunes garçons de douze à

LA POSTÉRITÉ

dix-huit ans, pour les faire persévérer dans la pratique et l’étude de leur religion. Sans doute, ce plan ne s’exécute que sur une échelle bien insuffisante ; mais depuis que notre Société existe, que de milliers d’enfants n’a-t-elle pas maintenus dans la foi de leurs familles! Il est à désirer que ce nombre croisse et s’augmente de jour en jour.

Mais ces enfants ont été élevés chrétiennement; l’âge vient de les

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