QUATRIÈME ŒUVRE DE MISÉRICORDE : VÊTIR CEUX QUI SONT NUS
D’après Abraham Bosse, dix-septième siècle.
Les membres des Conférences de Saint -Vincent-de-Pau.1 exercent cette œuvre et distribuent des vêtements
aux pauvres qu’ils visitent.
marier, et de notre temps, malheureusement, une conspiration presque universelle s’est soulevée contre le sacrement de mariage. Les moins hardis le regardent comme un accessoire; les plus téméraires le rejettent comme une atteinte à la liberté morale. Il y a, il est vrai, dans bien des villes, des œuvres dites de Saint-François-Régis, qui ont pour but de combattre ce mal, et d’aider les pauvres à se marier; mais ces œuvres ne sont pas établies partout, et d’ailleurs le mal est si grand qu’il appelle le concours de toutes les bonnes volontés. Les
Conférences prennent leur part de ce pénible travail, et elles doivent le faire de plus en plus, à mesure que le fléau grandit. A Paris, elles ont dans certaines années réhabilité deux mille unions illicites environ. C’est encore un champ immense à parcourir et à exploiter, car la plaie moderne de l’immoralité fait de jour en jour des ravages plus effrayants.
Il y aurait beaucoup d’autres détails à donner ici. Nous nous bornerons à la série la plus importante des œuvres de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, nous voulons parler des œuvres d’instruction religieuse.
Aujourd’hui, comme dans tous les temps, il y a de la misère matérielle-, mais plus que jamais il y a de la misère spirituelle et de l'ignorance. A toutes les époques de l’histoire, l’humanité a connu des faiblesses, des vices, est tombée dans des erreurs religieuses. A notre époque, le grand péril c’est que la distinction du bien et du mal s’est effacée. A force de dire que l’on n’avait pas besoin de croire en Dieu pour être honnête, une foule innombrable d’individus a fini par ne plus discerner la vertu du vice : car, aux yeux de l’homme, qu’est-ce qu’une loi sans législateur, qu’est-ce qu’une règle dépourvue de sanction? C’est en vain qu’on fera appel à la conscience pour ces vertus délicates, mais suréminentes, qui s’appellent la chasteté, l’honneur, la probité. C’est même en vain qu’on comptera sur elle dans ces occasions secrètes et connues de Dieu seul, où l’homme est entre son intérêt et le devoir; la conscience alors tergiverse, faiblit, s’abandonne et finit par ne plus considérer que comme des scrupules ce qui au fond est une obligation étroite. Si jusqu’ici la société échappe aux horribles conclusions des théories funestes qu’elle accueille, c’est par d’heureuses mais de plus en plus rares inconséquences.
Multiplier dans les âmes, ou plutôt y rappeler, lorsqu’elle a été oubliée, la notion de la vertu chrétienne et de l’existence d’un Dieu qui veille sur nous, est donc l’une des œuvres les plus importantes, au point de vue social, mais surtout au point de vue de la foi, qui est bien plus grave encore. C’est ce que la Société de Saint-Vincentde-Paul, depuis son origine, s’efforce de faire par les conseils religieux
LA POSTERITE
qu’elle donne dans ses visites à domicile, par les bons livres qu’elle distribue, par ses bibliothèques, et notamment par les almanachs et par des publications populaires. — C’est à quoi elle travaille encore par des réunions d’instruction méthodique, tenues avec le concours et sous l’autorité de MM. les curés, réunions connues sous le nom