‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 180 sur 236 · VUE PARTIELLE DE LA VILLE DE METZ AU DIX-SEPTIEME SIECLE · texte numérisé non relu

VUE PARTIELLE DE LA VILLE DE METZ AU DIX-SEPTIEME SIECLE

D’après une gravure d'Israël Sylvestre. — En l’année i658, la reine Anne d’Autriche, instruite par Bossuet, alors archidiacre de Metz, des souffiances et des maux de cette église, pria saint Vincent d’y faire prêcher une mission. Vincent chargea de ce soin vingt prêtres de la Conférence des mardis, qu il plaça sous la direction de 1 abbé de Tournas. Secondés par Bossuet, les missionnaires opérèrent un grand nombre de conversions. Afin de conserver les fruits de cette mission, Anne d Autiichc voulut fonder à Metz une maison de Lazaristes; elle donna soixante mille livres pour le premier établissement et une rente annuelle de trois mille six cents livres.

APPENDICES

une fois à de si saints ecclésiastiques, je le demeure éternellement en prenant véritablement leur esprit et profitant de leurs bons exemples1. »

Lorsqu’on réfléchit à la place que devait occuper dans la chaire l’homme éminent qui parle de la sorte, on est tenté de se demander s’il n’y a pas quelque exagération dans ces éloges qu’il donne à la manière de prêcher adoptée par saint Vincent. Mais, pour peu qu’on étudie de près les discours, on devra se convaincre que Bossuet parle ici le langage d’une entière sincérité. Il ne faudrait pas croire, en effet, que la simplicité, tant recommandée par saint Vincent, l’empêchât de produire, en parlant, des mouvements d’une véritable éloquence. C’est le cœur, on le sait, qui donne l’éloquence, et comment, dès lors, saint Vincent n’en eût-il pas été rempli ? Nous pourrions en multiplier les exemples. Bornons-nous à quelques-uns. Et, tout d’abord, comment ne pas rappeler ici la péroraison célèbre et si émouvante de son discours aux Dames de charité qui s’étaient réunies pour décider si elles ne délaisseraient pas l’œuvre des Enfants-Trouvés, à cause de l’extension de cette œuvre, soutenue jusque-là par des ressources qui menaçaient de disparaître. «Or sus, mesdames, s’écriait saint Vincent, la compassion et la charité vous ont fait adopter ces petites créatures pour vos enfants. Vous avez été leurs mères selon la grâce, depuis que leurs mères selon la nature les ont abandonnées. Voyez maintenant si vous voulez aussi les abandonner, cessez d’être leurs mères pour devenir à présent leurs juges; leur vie et leur mort sont entre vos mains. Je m’en vais prendre les voix et les suffrages : il est temps de prononcer leur arrêt, et de savoir si vous ne voulez plus avoir de miséricorde pour eux. Ils vivront si vous continuez d’en prendre un charitable soin, et, au contraire, ils mourront et périront infailliblement si vous les abandonnez. L’expérience ne vous permet pas d’en douter. »

On sait quel fut le résultat de cette éloquente adjuration à laquelle il était impossible, en eflet, que résistassent les cœurs les plus durs. L est après une exhortation pareille que la présidente de Lamoignon

1. B>ssuct à saint Vincent de Paul. Œuvres complètes, tome XXVI.

SAINT VINCENT DANS LA LITTERATURE

disait à la duchesse de Mantoue : « Ne pouvons-nous pas dire, à l’imitation des disciples d’Emmaüs, que nos cœurs ressentaient les ardeurs de l’amour de Dieu pendant que M. Vincent nous parlait ? — Il ne faut pas s’en étonner, répondit Marie de Gonzague, il est l’ange du Seigneur qui porte sur ses lèvres les charbons ardents de l’amour divin. »

Ecoutons-le maintenant parler aux étudiants des séminaires, et voyons comme il se servait, pour les exciter au zèle apostolique, de

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