‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 187 sur 236 · LE RELIQUAIRE DU CŒUR DE SAINT VINCENT DE PAUL · texte numérisé non relu

LE RELIQUAIRE DU CŒUR DE SAINT VINCENT DE PAUL

Dans la cathédrale de Lyon; dix-neuvième siècle. — Ce reliquaire, qui a remplacé celui que la duchesse d’Aiguillon avait fait exécuter à l’époque de la mort de saint Vincent, est un don du cardinal de Bonald.

Les artistes chrétiens ne doivent pas avoir un autre idéal que les saints, ni un autre motif de l’exprimer. Leur art doit être aussi l’art de la charité, l’art du Christ connu, aimé, manifesté. Quels que

soient les moyens qu’ils ont choisis, orateurs, poètes, écrivains, archi-

APPENDICES

tectes, sculpteurs ou peintres, ils doivent s’efforcer de rendre l’idéal visible, en Notre-Seigneur et dans les Saints qu’il a formés à son image, dans la Vierge Marie surtout, son miroir le plus pur, le plus fidèle. Telle est la mission de l’art chrétien dans l’Eglise’, il y a divinement germé, comme un ornement près de l’autel ; il a traduit

les pages des Saintes Ecritures, il a fleuri sur les marges des manuscrits, pour servir et glorifier en tout et en tous l’idéal divin.

Saint Vincent de Paul a été dans les temps modernes une des plus admirables images de Jésus-Christ; n’est-il pas juste que l’art se plaise à l’ honorer? Ses œuvres sont encore vivantes parmi nous et il a été facile de recueillir ses souvenirs, conservés par une piété reconnaissante. Ce qu’on désire d’abord en lisant la vie d’un saint, c’est d’en avoir un portrait fidèle; et si la peinture n’en a pas laissé, l’imagination cherche à y suppléer, en se créant un idéal qui en représente la sainteté. Les traits qu’elle lui prête s’éloignent souvent de la réalité. La grâce qui élève la nature ne la détruit pas, et les saints transfigurés dans le ciel y garderont leur ressemblance. Nous n’avons pas à composer le portrait de saint Vincent de Paul ; il en existe plusieurs qui ont été faits pendant sa vie. La difficulté est de choisir celui qui répond le mieux à l’idéal que nous pouvons nous en former. La figure de saint Vincent de Paul n’avait rien de remarquable, elle rappelait son humble origine, mais elle était belle par l’intelligence et les vertus qui s’y rendaient visibles.

Le portrait préférable à tous les autres sous ce rapport est celui que fit, d’après nature, Simon François, peintre tourangeau, et que grava Van Schuppen en i665. Il a été souvent reproduit par les disciples de saint Vincent de Paul, qui l’estimaient par conséquent le plus ressemblant, et c’est celui que l’iconographie chrétienne doit adopter. On est trop porté à ne voir dans saint Vincent de Paul que le modèle de la charité ; il faut savoir distinguer, à travers les voiles de son humilité, les autres dons qu’il avait reçus de Dieu, l’étendue de son génie, la sûreté de sa doctrine, la clarté de son bon sens, la lumière de ses conseils, la science de sa direction, la grâce de son esprit, la douceur de son caractère. Tous ces mérites se

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