DIT LE PAUVRE PRÊTRE
D’après une estampe du temps, à la Ri- bliotlieque nationale. Claude Bernard tut
’un des apôtres de la charité au dix-septième siècle. Mort en 1641 , il fut inhumé dans
'église de la Charité de Paris où, chaque jour, il avait été servir les malades, à 1 exemple de saint incent.
et de sa maison, attaqué par l’enfer, tourmenté au plus profond de son esprit par les plus affreux doutes, A incent, à bout de résistance^ écrivit le Credo sur un papier qu’il s appliqua sui le cœui, en faisant avec Dieu ce pacte d’une sainte familiarité, que toutes les fois qu’il porterait la main à cet endroit, il entendait désavouer la tentation. Son second remède fut de mettre avec une nouvelle activité sa foi en action. Il combattit la tentation par elle-même, faisant le contraire de ce qu’elle lui suggérait, s’appliquant a agir par foi et a honoiei et
servir Jésus-Christ de la manière que le divin Maître a lui-même recommandé, en honorant et en servant les pauvres; et par là il fut donné à celui qui devait être le modèle de la plus admirable charité, de montrer aux autres par son exemple que foi et charité c’est tout un. Cependant trois ou quatre ans s’étaient passés dans ce rude exercice, et la tentation persistant, « il s’avisa un jour, raconte le témoin intime de sa vie, de prendre une résolution ferme et inviolable pour honorer davantage Jésus-Christ, et pour l’imiter plus parfaitement qu’il n’avait encore fait, qui fut de s’adonner toute sa vie pour son amour au service des pauvres. » A l’instant, par un effet merveilleux de la grâce, la tentation s’évanouit, la lumière céleste remplit son âme et Vincent de Paul, admirablement confirmé dans sa foi, reçut avec l’abondance des clartés divines la plénitude de l’esprit de charité.