‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 35 sur 236 · LE CARDINAL DE BERULLE · texte numérisé non relu

LE CARDINAL DE BERULLE

Fondateur de l’Oratoire en France, ami et directeur de saint Vincent de Paul. — Monument conservé au collège de Juilly. Sculpture de Jacques Sarazin, dix-septième siècle. Le bas-relief représente Jonas rejeté par la baleine, symbole de la résurrection.

niée, d’une sagesse fortifiée par l’étude et par l’expérience, il se montra tout de suite le modèle des pasteurs. Sans rien faire de plus que de s’acquitter des devoirs ordinaires de sa' charge, il les remplit avec une telle sainteté et un tel dévouement qu’en peu de temps il ramena les plus ignorants et les plus tièdes aux pratiques religieuses. Sa paiole sage, pénétrante, onctueuse, qu'il répandait en toute sorte d instructions

élevées et familières à la lois, touchait les cœurs; son exemple prêchait encore plus efficacement que ses discours. Au milieu de son petit peuple, il était vraiment le bon pasteur. « On le voyait, dit un de ses premiers biographes, visiter les malades, consoler les affligés, soulager les pauvres, pacifier les troubles, apaiser les inimitiés, entretenir la paix et la concorde dans les familles, fortifier les faibles, encourager les bons, reprendre avec une sainte fermeté ceux qui ne l’étaient pas, et se faire tout à tous pour les gagner tous à Jésus-Christ. » Pour une fois qu’il lui arriva de s’absenter, son vicaire dut le rappeler promptement, tant il y avait parmi tous grand désir de sa présence. Prêtre accompli, il était l’exemple des curés voisins. Ce que ceux-ci lui voyaient faire, ils tâchaient de l’imiter. Toute la contrée profita de sa vertu. Avec le même zèle de la maison de Dieu qu’il avait apporté à restaurer la foi dans sa paroisse, il se mit à rebâtir l’église qui tombait

en ruine; sans argent, il en construisit une autre.

Le bon curé avait assez fait à Clichy. Témoin du bien qu’il y avait accompli, le P. de Bérulle l’appela à une œuvre plus importante pour le temps. Vincent de Paul ne savait point faire sa volonté. Dotile aux avis de celui qu’il regardait comme son supérieur, indifférent à tout ce que Dieu demandait de lui, il était le vir obediens des saints Livres, l’homme qui par son absolue soumission devait remporter de si grandes victoires sur lui-même et sur le monde. Il quitta la cure de Clichv dans le même sentiment d’obéissance qu’il l’avait acceptée.

Mais le pasteur eut grande tristesse à se séparer de son cher troupeau. Il était heureux avec ces bonnes gens dont il avait si bien formé le cœur qu on disait d’eux qu’ils vivaient comme des anges. Lui-même, longtemps apiès, exprimait naïvement le bonheur qu’il goûtait au milieu deux. «Ah! me disais-je, que tu es heureux d’avoir un si bon peuple! Le pape est moins heureux que moi. Un jour le premier cardinal de Retz me demanda : — Eh bien, monsieur, comment tous ti ou\ ez-\ ous : Monseigneur, répondis-je, j’ai un contentement

si grand que je ne puis le dire. — Et pourquoi? — C’est que j’ai un si bon peuple et si obéissant à tout ce que je lui recommande, que je me dis à moi-même que ni le pape, ni vous, monseigneur, n’ètes point

milium imiuhim

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