ÉGLISE DE CLICHY-L A-GARENNE (PRES PARIS
Rebâtie par saint Vincent de Paul. On y voit encore la chaire du haut de laquelle il instruisait le peuple, et le vieux crucifix de bois dont il se servait dans ses prédications. — Etat actuel.
SAINT VINCENT DE PAUE
si heureux que moi. « Quand il lui fallut quitter ce cher peuple, le cœur du bon saint se déchira. « Je m’éloignai tristement de ma petite église de Clichy, écrivait-il à un ami; mes yeux étaient baignés de larmes, et je bénis ces hommes et ces femmes qui venaient vers moi et que j’avais tant aimés. Mes pauvres y étaient aussi et ceux-là me fendaient le cœur. J’arrivai à Paris avec mon petit mobilier et je me rendis chez M. de Bérulle. »
En se retournant, pour la dernière fois, vers* le clocher de son église rebâtie, l’humble curé de Clichy dut ressentir quelque angoisse à l’idée de quitter ce paisible séjour pour entrer dans le grand monde. Les conseils du P. de Bérulle l’avaient engagé, en effet, à accepter le poste de précepteur des enfants de messire Philippe -Emmanuel de Gondi, comte de Joigny, alors général des galères du roi, et de dame Françoise-Marguerite de Silly, son épouse.
La famille de Gondi était une des premières de la capitale et par le rang et par les charges qu’elle occupait. Philippe -Emmanuel, fils d Antoine de Gondi, maréchal de France, neveu et frère des trois premiers Gondi qui se succédèrent, de 1070 à 1622, sur le siège épiscopal de Paris, avait à cette époque deux jeunes enfants, Pierre, qui devint plus tard duc de Retz, pair de France, et succéda aux charges de son père, et Henri, qui mourut à la fleur de l’âge des suites d’une chute de cheval. Un troisième, Jean-François de Paule, vint au monde a la fin de l’année suivante, 1614 : c’était le futur et trop célèbre cardinal de Retz, auquel il ne manqua peut-être, pour se rendre digne de la pourpre romaine, que d’avoir été plus en âge de profiter des leçons de son saint précepteur.
On s étonnerait presque qu’un directeur aussi prudent et aussi éclaiié que le pieux fondateur de l’Oratoire ait tiré Vincent de Paul de sa cuie, quand il y faisait un si grand bien, pour le placer dans une maison particulière. « Mais, observe un illustre écrivain, ce n’était pas ulois un emploi de médiocre importance d’élever des grands seigneurs, maîties cf un nombre considérable de vassaux sur lesquels leur exemple et leui autoiité exerçaient tout empire, et qui étaient destinés à remplir les plus hautes fonctions dans l’Église et dans l’État.» En vérité,
LA VOCATION
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c’était sur un plus vaste champ d’action que le P. de Bérulle appelait le saint curé de Clichy.
La maison de Gondi, dans laquelle entrait Vincent de Paul, offrait, comme beaucoup de grandes maisons du dix -septième siècle, une heureuse alliance de la religion et de la richesse. La piété y régnait au milieu du faste, et Dieu en était le premier maître. Toutefois le