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ans se passèrent avant que Vincent de Paul fut amené à fonder la congrégation des prêtres de la Mission.
Le saint allait d’une occupation à l’autre avec un zèle toujours nouveau. En rentrant à Paris, il retrouvait les malades des hôpitaux, les malheureux de la rue, les pauvres honteux cachés dans des grabats, et pour se délasser des travaux de la campagne, il les visitait et
SIXIÈME ŒUVRE DE MISERICORDE I VISITER LES PRISONNIERS D’après Abraham Bosse, dix-septième siècle.
Saint Vincent visitait et consolait les prisonniers de la Conciergerie et du Châtelet, et les forçats éprouvèrent les etfets de sa charité à Paris, à Marseille et à Bordeaux.
les consolait. Avec les missions, la charge de M. de Gondi lui créa bientôt un nouveau ministère. Son grand cœur le portait vers toutes les misères; il voulut voir les criminels placés sous l’autorité du général des galères.
Les horreurs des cachots de la Conciergerie l’émurent de compassion. Là on enfermait les condamnés avant de les envoyer dans les ports de mer. Ils y croupissaient quelquefois longtemps, mangés de vermine, exténués de langueur et de souffrance, et entièrement négligés
d’abord ? Ce fut lui que François de Sales choisit entre tous pour sa chère congrégation naissante. Mais ce choix n’effraya pas moins l’humilité de Vincent de Paul qu’il honorait sa sainteté. Il se refusa d’abord à accepter la direction de ces âmes d’élite, les estimant trop parfaites pour lui, et il fallut les instances du saint évêque de Genève et l’ordre exprès de l’archevêque de Paris pour l’y décider.
Avec un tel père spirituel, les filles de saint François de Sales n’avaient plus rien à envier à leurs soeurs carmélites, placées depuis quelques années sous la conduite du P. de Bérulle. Une sainte émulation de vertus allait s’établir entre les deux maisons du Carmel et de la Visitation. Il y avait plus de force, plus d’énergie dans l’une, plus de douceur et d’amabilité dans l’autre. Chacune avait son attrait. Les femmes du plus grand monde, les filles de la plus haute naissance recherchaient à l’envi, celles-ci les saintes austérités du Carmel, celles-là la tendre dévotion de la Visitation. Le monde se précipitait dans le cloître. Entre eux il s’établissait un admirable échange de vocation et de prières. Ce que le cloître prenait au monde de généreux sang, de noblesse, de beauté, il le lui rendait en vertus et en exemples. Dans cette communication de l’un à l’autre est la véritable cause des grandeurs du dix-septième siècle. Les deux sociétés, en se pénétrant, établissaient comme une haute moyenne de vertus, d’où dérivaient le bon sens, l’énergie des caractères, la noblesse de l’esprit, la force et la beauté de la race. Ces nouvelles sources de prière et de mortification ouvertes sur le monde furent un des plus féconds aliments du génie de ces beaux temps. La politique, la littérature, les arts, l’esprit général, tout procède du cloître à cette époque. Les femmes admirables suscitées de Dieu à côté des François de Sales, des Bérulle et des à incent de Paul, pour restaurer la vie religieuse en France, et dont l’histoire profane sait à peine les noms, ont été les vraies fondatrices des gloires du siècle de Louis XIV ; en elles il faut saluer le génie des Richelieu, des Bossuet, des Fénelon et des Racine, l’art des Philippe de Champaigne et des Lesueur, la grâce d’une Sévigné, la raison aimable d’une Maintenon, la politesse d’une société élégante et spirituelle, la politique chrétienne de Louis XIII et de Marie de