NOTRE-DAME DE BUGLOSE (LANDES
Célèbre statue devant laquelle, tout jeune pâtre, Vincent de Paul aimait à prier.
C'est aux pieds de cette statue, objet de fréquents pèlerinages, que saint Vincent adressa à sa famille
ses derniers adieux, en ibad.
l’édification de tout le pays, et après un modeste repas, qui réunit une dernière fois sa famille, il la bénit en lui recommandant de ne pas sortir de l’état modeste dans lequel la Providence Du ait placée. Plus tard, il répondra à toutes les sollicitations qu’on lui adressera
en faveur des siens : « Ils sont heureux dans leur condition de laboureurs, une des plus innocentes et des plus commodes pour le salut. » Au départ, la nature reprit le dessus. Longtemps après il disait à ses frères en religion : « Le jour que je partis, j’eus tant de peine à quitter mes pauvres parents, que je ne fis que pleurer tout le long du chemin, et pleurer quasi sans cesse. A ces larmes succéda la pensée de les aider et de les mettre en meilleur état; de donner à tel ceci, à tel cela. Mon esprit attendri leur partageait ainsi ce que j’avais et ce que je n’avais pas. » Pendant trois mois, il fut préoccupé du désir d’avancer ses frères et ses sœurs; mais «Dieu, continuait le saint, m’ôta ces tendresses pour mes parents; et quoiqu’ils aient été depuis à l’aumône et le soient encore, il m’a fait la grâce de les commettre à sa Providence et de les estimer plus heureux que s’ils avaient été bien accommodés... Prions Dieu pour nos parents, et si nous les pouvons servir en charité, faisons-le ; mais tenons ferme contre la nature, qui, ayant toujours son inclination de ce côté là, nous détournera, si elle peut, de l’école de Jésus-Christ. »
Il fallait que Vincent de Paul, qui avait déjà renoncé à tout et à lui-même, se détachât encore de sa famille pour être le parfait serviteur de Jésus-Christ et de ses frères. Son voyage au pays natal lui fut l’occasion de ce suprême renoncement, le plus pénible à la nature. Désormais, libre de tout attachement, n’ayant plus ni famille ni pays selon la nature, mais embrassant tous les hommes dans son cœur et dans ses travaux, le grand laboureur du champ de la charité a mis la main à la charrue, et, selon le conseil de l’Évangile, il ne retournera plus la tète.