‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 50 sur 236 · PORTRAIT DE MADAME DE GONDI · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE MADAME DE GONDI

D’après une gravure de Cl. Duflos, dix-septième siècle. — Associée depuis plusieurs années aux œuvres charitables de saint Vincent, madame de Gondi fonda, de concert avec son mari, l’œuvre de la Mission, dont, la première, elle avait conçu le projet.

vertu divine de l’Église n’a cessé de produire. Sorties d’un homme, elles ont été en se multipliant toujours à travers les âges et ont couvert le monde de leurs œuvres. Qui les comptera, depuis les antiques ordres de saint Augustin, de saint Basile, de saint Benoît, jusqu’aux congrégations nées d’hier ? Aucune d’elles n’a péri. Les plus nobles familles de la terre se sont éteintes, les ordres les plus fameux de chevalerie, les plus puissantes corporations ont disparu sans laisser autre chose qu’un souvenir dans l’histoire ; mais les familles des saints, les plus anciennes, les plus modestes, vivent encore. Toutes ont traversé les siècles en échappant aux vicissitudes des choses humaines, et tandis qu’on chercherait en vain le descendant des Clovis, ou l’un des pairs de Charlemagne, ou un chevalier du Saint-Esprit, ou quelque reste de la puissante Ligue hanséatique, l’humble fils de saint Benoît est toujours en prière comme il y a douze siècles, et les disciples de saint Vincent de Paul se retrouveront aux extrémités mêmes du monde,

quand tout ce qui était de leur temps aura péri. Quelle plus éclatante

preuve de la divinité de l’Eglise que la permanence des institutions et des œuvres qu’elle a créées! Les saints engendrent en proportion de leur sainteté. Dans l’ordre naturel, la puissance productrice de l’homme s’épuise avec l’âge et ne s’étend pas au-delà de sa postérité ; si le sang se perpétue à travers la race, il faut un nouvel acte créateur à chaque génération. Dans l’ordre surnaturel, la fécondité est inépuisable; les familles religieuses s’y reproduisent d’elles-mêmes, à perpétuité, par la vertu de leur premier auteur, et ce miracle de propagation se renouvelle chaque fois qu’il vient un homme assez puissant en Dieu pour tirer de sa sainteté une nouvelle race d’enfants choisis de l’Église.

Saint Vincent de Paul est un des plus insignes fondateurs d’ordres religieux dont le christianisme s’honore. Cet homme, qui représente dans le monde la charité, a été plus grand qu’aucun autre par le cœur. Comme il a beaucoup aimé, il a beaucoup fait, et il s’est multiplié lui-même en communiquant sa vie et son cœur à une postérité dans laquelle il revit perpétuellement. Il a eu le génie du bien avec les qualités d’esprit et les vertus propres à sa mission de bienfaisance parmi les hommes. Aussi dur pour lui-même qu’il était bon pour

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