‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 51 sur 236 · ïc: M Z=| f. = è · texte numérisé non relu

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les autres, mortifié autant que charitable, il ne connut ni l’égoïsme, ni l’amour-propre, ni cette recherche de soi, qui empêchent le commun des hommes de s’élever au-dessus d’eux-mêmes. De bonne heure, il avait dompté son corps par des rigueurs continuelles et son esprit par une absolue humilité. Avec ce parfait détachement de luimême, qui est le comble de la perfection chrétienne, il était tout entier aux autres. Sans autre passion qu’un ardent amour de Jésus- Christ, son modèle en toutes choses, libre de tout désir et de toute vanité, il put s’appliquer uniquement à procurer la gloire de Dieu et le bien du prochain. Ses oeuvres sont innombrables. Pour réussir dans tant d’entreprises qu’il a conduites à la fois, et dans les affaires si multiples et si difficiles où il s’est trouvé engagé, il avait une droiture et une fermeté incomparables d’esprit, une haute intelligence, une sûreté de jugement extraordinaire, une prudence consommée, un bon sens qui n’avait d’égal que la tendresse et la générosité de son âme. Il était l’homme d’action par excellence, également fort par le cœur, qui lui donnait les grandes pensées, et par l’esprit qui excellait à réaliser les conceptions du cœur. Il y a eu des fondateurs d’ordre plus grands peut-être par le génie et d’une sainteté plus éclatante ; aucun ne l’a surpassé par le nombre des œuvres, ni par l’excellence des vertus, et il est le premier de tous par la charité.

Quoique pourvu du collège des Bons-Enfants, Vincent de Paul était resté dans la famille de Gondi, retenu par l’affection des généreux donateurs pour lui et par sa reconnaissance envers eux ; mais le moment approchait où il allait être rendu à lui-même, pour l’accomplissement de ses grands travaux. En attendant, le comte et la comtesse de Joigny complétaient leur œuvre par un contrat de fondation passé, le 17 avril 1625, avec Vincent de Paul. Les deux nobles époux y disaient : « Que Dieu leur ayant donné, depuis quelques années en çà, le désir de le faire honorer, tant en leurs terres qu’aux autres lieux, ils avaient considéré qu’ayant plu à sa divine bonté, pourvoir par sa miséricorde infinie aux nécessités spirituelles de ceux qui habitent dans les villes par quantité de docteurs et de religieux qui les prêchent, catéchisent, excitent et conservent en l’esprit de dévotion, il

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