‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 55 sur 236 · TOMBEAU DU CARDINAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

TOMBEAU DU CARDINAL DE RICHELIEU

Dans l’église de la Sorbonne, à Paris. Le grand ministre est soutenu par la Religion, pendant que la Science, à ses pieds, pleure sa perte. Groupe de marbre sculpté par Girardon, dix-septième siècle. — Richelieu fut l’un des plus zélés protecteurs de la Mission.

legs et dons qui pourront leur être faits, « afin que par le moyen d’iceux, ils vaquent d’autant plus facilement à l’instruction gratuite de nos pauvres sujets. » Heureux temps pour l’Eglise et pour 1 Etat que celui qui voyait un Louis XIII avec un Vincent de Paul, et qui présentait une telle alliance de la religion et du gouvernement !

La Compagnie ainsi formée, le Collège des Bons -Enfants (ut uni à la Mission ; Vincent de Paul se démit de son titre personnel pour prendre de nouveau possession au nom de la communauté. Mais l’épreuve ne pouvait manquer à l’institut naissant. Des oppositions

s’élevèrent contre lui dans le Parlement et parmi les curés de Paris ; le roi passa outre et ordonna l’enregistrement des lettres patentes et du contrat de fondation. Enfin, par une bulle du 12 janvier i632, Urbain VIII érigea la Compagnie en Congrégation, sous le nom de Prêtres de la Mission, avec Vincent pour supérieur général.

Pendant ce temps-là, la petite troupe d’apôtres s’était répandue dans les campagnes avec la sainte ardeur que lui avait communiquée son chef. Le zèle des missionnaires s’enflammait par le travail. Vincent à leur tète, ils allaient partout où les appelaient les besoins des paroisses les plus abandonnées ; ils se multipliaient, courant de village en village et d’un diocèse à l’autre. De 1625 à i652, plus de cent quarante missions furent faites par Vincent de Paul et ses premiers collaborateurs. Loin de Paris, il entretenait une correspondance avec ceux des siens qui restaient au collège des Bons-Enfants, pour leur recommander la règle et l’étude et exciter leur zèle. Avec quelle simplicité et quelle humilité il écrivait de Beauvais à celui qui dirigeait en son absence la petite communauté : « Comment se porte la Compagnie ; chacun est-il en bonne disposition et bien content ? Les petits règlements s’observent-ils ? Etudie-t-on, s’exerce-t-on sur les controverses ? Y observez-vous l’ordre prescrit ? Je vous supplie, Monsieur, qu’on travaille soigneusement à cela. Il a plu à Dieu de se servir de ce misérable (c’est de lui qu’il parle) pour la conversion de trois personnes depuis que je suis parti de Paris; mais il faut que j’avoue que la douceur, l’humilité et la patience, en traitant avec ces pauvres dévoyés, est comme l’âme de ce bien. Il m’a fallu employer deux jours de temps pour en convertir un, les deux autres ne m’ont pas coûté de temps. J’ai bien voulu vous dire cela à ma confusion, afin que la Compagnie voie que s’il a plu à Dieu de se servir du plus ignorant et du plus misérable de la troupe, il se servira encore plus efficacement de chacun des autres. »

D’année en année, le nombre des ouvriers évangéliques augmentait. Les bâtiments étroits et délabrés du collège des Bons-Enfants ne suffisaient déjà plus à abriter la nouvelle Congrégation, ni les revenus de la dotation des Gondi à l’entretenir. La Providence y pourvut. L’antique

LES ŒUVRES

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