SCEAU DE S. VINCENT
reliques de la Mission, à Paris. — Jésus-Christ est représenté envoyant ses apôtres évangéliser les pauvres.
avec Dieu et le temps pour auteurs. Mais elles sortaient de lui ; c’est sa grande charité, sa haute sagesse, son admirable esprit apostolique, sa constante participation à la vie de Jésus-Christ qui les avaient inspirées. Elles sont ce qu’il a été.
Le vénéré supérieur en fit la distribution à sa communauté le soir du vendredi 17 mai 1 658, après un discours mémorable sur les origines de la Compagnie et sur les règles qu’il lui donnait si tardivement. Chacun en reçut un exemplaire de sa main avec quelques affectueuses paroles. Toute la communauté était à ses pieds, et lui demandait sa bénédiction. Comme un patriarche antique, le saint vieillard, soutenu par deux de ses enfants, fit à genoux cette prière :
« Seigneur ! qui êtes la loi éternelle et la loi immuable ; qui gouvernez par votre sagesse infinie tout l’univers ; vous de qui les conduites des créatures, toutes les lois et toutes les règles de bien
vivre sont émanées comme de leur vive source : ô Seigneur ! bénissez, s’il vous plaît, ceux à qui vous avez donné ces règles ici et qui les ont reçues comme procédant de vous ! Donnez-leur, Seigneur, la grâce nécessaire pour les observer toujours et inviolablement jusqu’à la mort ! C’est en cette confiance et en votre nom, que, tout misérable pécheur que je suis, je prononcerai les paroles de la bénédiction
que je vais donner à la Compagnie : « Benedictio Domini . » Le
bon père avait longtemps désiré ce jour ; il employa les deux dernières années de sa vie à expliquer les règles qu’il avait eu la joie de laisser aux siens. On admirera toujours ces conférences de famille, ces entretiens paternels du vieillard, où tant de raison s’unit à la plus aimable simplicité, et qui recèlent une si vraie éloquence sous les dehors les plus familiers.
Telle qu’elle a été constituée par saint Vincent de Paul, la Congrégation de la Mission est une compagnie de prêtres et de frères, liés par des vœux, simples dans leur forme mais solennels dans leurs effets, et soumis à un supérieur général nommé à vie. Son sage fondateur la voulut ainsi, avec l’agrément du Saint-Siège, afin qu’elle participât le plus possible à la vie religieuse, tout en gardant l’état séculier nécessaire à l’accomplissement des diverses fonctions de l’institut. Après de longues réflexions et des négociations plus longues encore avec Rome, Vincent s’était arrêté à cette idée, qu’il considérait comme inspirée de Dieu, de « mettre sa Compagnie en l’état religieux par les vœux simples et de la laisser néanmoins, quant à ses emplois, dans le clergé séculier par l’obéissance aux évêques ». C’est sous cette forme, si convenable à sa fin, que la Congrégation de la Mission a grandi et qu’elle a accompli tout le bien qu’elle était appelée à faire dans l’Église, par la formation du clergé et par la prédication de l’Évangile aux pauvres, aux ignorants et aux infidèles.
LES ŒUVRES