‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 64 sur 236 · PORTRAIT DE MADAME LA DUCHESSE D’AIGUILLON · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE MADAME LA DUCHESSE D’AIGUILLON

Nièce du cardinal de Richelieu. D'après un tableau conservé à la Mission de Rome, dix-septième siècle. — Fondatrice de la Mission de Rome, de l’hôpital des forçats à Marseille, membre de l’Association des Dames de charité, madame la duchesse d’Aiguillon seconda généreusement saint Vincent de Paul dans toutes ses entreprises.

grille que la crainte de Dieu et pour voile que la sainte modestie. Plus exposées au dehors que les Carmélites et les Clarisses, elles sont obligées de mener une vie aussi vertueuse, aussi pure, aussi édifiante que de vraies religieuses dans leur couvent. Elles ne font

pas de vœux solennels ni même de simples vœux à perpétuité, mais chaque année, avec une vocation toujours croissante, elles renouvellent d’elles-mêmes leur saint engagement. Des prescriptions et des conseils d’une incomparable sagesse les entretiennent, sans serment irrévocable, dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance perpétuelles. Vincent de Paul ne leur a pas prescrit les pénitences extraordinaires du cloître, afin qu’elles se conservassent en santé pour leur ministère. Leurs mortifications consisteront à se lever à quatre heures et à donner toute la journée à Dieu et au prochain, à vivre dans la plus entière soumission et avec la plus extrême sobriété, à rendre aux malades les services les plus bas et les plus dégoûtants, à veiller la nuit les infirmes, à affronter l’infection des hôpitaux et la peste souvent plus dangereuse du monde ; enfin, à supporter l’ingratitude. Leur principal emploi étant de servir les pauvres malades, elles les serviront comme Jésus-Christ même, avec autant de cordialité, de respect et de dévotion, même les plus fâcheux et les plus répugnants ; elles honoreront encore la pauvreté de Notre-Seigneur, en vivant elles-mêmes pauvrement. Affables envers tous, elles n’auront d’amitié avec personne, ni de familiarités entre elles, ni de rapports particuliers avec leurs frères de la Mission ou même avec leurs confesseurs autorisés. Elles prendront tous les moyens pour mettre leur chasteté à l’abri non seulement de toute souillure, mais même de tout soupçon, et avant tout elles auront l'horreur du monde, le mépris de soi-même et des choses de la terre, un parfait détachement des lieux, des emplois et des personnes. Pour observer leurs devoirs, elles ont la confession et la communion de chaque dimanche au moins, la prière, l’oraison, l’examen de conscience aux heures marquées, le chapelet et l’assistance quotidienne au saint sacrifice de la messe.

Ces règles avaient été pratiquées vingt-cinq ans avant d’être écrites. Selon sa maxime d’abandonner toutes choses à la Providence et de prendre en tout Jésus-Christ pour modèle, Vincent avait voulu qu’il fût dit des Filles de la Charité et des Prêtres de la Mission ce qui a été dit de Notre-Seigneur, qu’il commença à faire et puis à enseigner. Au rebours des constitutions humaines, si fragiles en leurs effets,

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