PORTRAIT DE MADAME DE MIRAMION
D’après la gravure d’Edelinck, dix-septième siècle. — Madame de Miramion vécut durant plusieurs années chez les Filles de la Charité; elle fut une des dames les plus zélées pour toutes les entreprises de saint Vincent de Paul et fonda elle-même les religieuses de Sainte-Geneviève, vouées à l’instruction des pauvres filles des champs et au soin des malades. Madame de Sévigné l’appelait une « Mère de l’Église ».
d’autrui, et il pensait que les directeurs et les administrateurs de l’hôpital, dont il estimait la sagesse autant que le zèle, apporteraient avec le temps les remèdes nécessaires aux abus qui pouvaient se trouver
là comme dans d’autres hôpitaux. Tout entière à son idée, madame Goussault insistait auprès de Vincent; à la fin, ne pouvant le décider à commencer cette nouvelle œuvre, elle obtint de l’archevêque de Paris qu’il l’engageât à entrer dans ses vues et à établir, de concert avec elle, une association de dames dévouées au soin particulier des malades de l’Hôtel-Dieu. Alors, le saint n’hésite plus et sur-le-champ il convoque chez la présidente plusieurs dames de qualité pour organiser l’institution. Autant il avait mis de prudence à attendre, autant il mit d’activité dans l’entreprise. A la première assemblée, ses exhortations furent si pressantes que toutes les dames se formèrent séance tenante en compagnie. C’étaient madame de Ville-Savin et de Bailleul ; madame de Sainctot, à qui Voiture avait dédié sa traduction du Roland furieux ; mesdames du Mecq et Pollalion, et plusieurs autres de haute condition. La seconde réunion fut plus nombreuse encore. On y vit la chancelière d’Aligre, les dames de Beaufort, de Lestang, de Traversais, la princesse de Conti, Marie Fouquet, la mère du célèbre surintendant des finances, qui s’écriait en apprenant la disgrâce de son fils : « Je vous remercie, ô mon Dieu ! Je vous avais toujours demandé le salut de mon fils, en voilà le chemin. » Bientôt la plus haute noblesse, la première magistrature, les duchesses de Nemours, du Perche, d’Aiguillon, de Lesdiguières, de Noailles, la princesse de Gonzague, les Lamoignon, les Nesmond s’enrôlèrent parmi les dames de charité. La cour elle -même eut sa société de charité, pour laquelle Vincent de Paul fit un règlement spécial. Au bout de quelques semaines, l’assemblée des dames était déjà à l’œuvre et comptait plus de cent associées. Madame Goussault en fut élue présidente.
Toutes ces femmes apportaient un zèle parfait; mais pour le rendre plus fructueux, il fallait le régler. Vincent de Paul, établi directeur perpétuel de la compagnie, l’organisa avec ce sens pratique et ce tact qu’il mettait en toutes choses. Dans leurs visites à l’Hôtel-Dieu, les dames devaient s’offrir discrètement à servir les malades avec les religieuses pour participer aux mérites de leurs œuvres; il leur était recommandé d’y paraître simplement vêtues, afin de ne pas contrister la misère des pauvres par le contraste du luxe. Leur mission était de
LES ŒUVRES
faire le bien à la vue de tous pour en étendre la sainte contagion, en ayant soin de l’àme encore plus que du corps des malades. Elles