‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 68 sur 236 · LA DAME DE CHARITÉ ET LA SŒUR DE CHARITE · texte numérisé non relu

LA DAME DE CHARITÉ ET LA SŒUR DE CHARITE

D'après un tableau de Duménil, dix-huitième siècle. — La Dame de charité tient un papier à la main, sans doute une requête en faveur de quelque famille indigente. Une Sœur de charité attend la réponse; elle porte une de ces petites marmites qui avaient fait surnommer les Sœurs de charité « les Sœurs au petit pot ».

Dieu, je vous avoue néanmoins que j’ai le cœur tout embaumé de ce que ce saint homme vient de dire. — Il ne faut pas s’en étonner, reprit Marie de Gonzague ; il est Lange du Seigneur, qui porte sur ses lèvres les charbons ardents de l’amour divin qui brûle dans son cœur. — Cela est très véritable, ajouta une troisième, et il ne tiendra qu’à nous de participer aux ardeurs de ce même amour. »

Telles étaient

les élèves que l’exemple et la parole de Vincent de

Paul formaient. De ces grandes dames il fit, aussi bien que des filles

de la campagne, les servantes des pauvres, les ministres les plus

dévoués de sa charité. Avec ces nouveaux instruments, le saint va

entreprendre de nouvelles oeuvres que la Providence lui suggérera

pour le bien des hommes et l’honneur de l’Eglise. Mais en formant cette compagnie de dames, qui s’accrut encore après lui, Vincent de Paul n’établit pas seulement, en face de la société galante et lettrée des salons, un monde nouveau de charité d’où le règne de Louis XIV tira un si grand éclat ; il fonda aussi pour les siècles à venir l’apostolat des femmes, une des- plus précieuses forces de la religion, un des plus féconds instruments de bien pour la société. Ce qu’était la veuve dans la primitive Eglise, la dame de chanté l’est aujourd’hui. Auxiliaire du prêtre, trésorière des pauvres, collaboratrice des Soeurs de charité, des Petites Sœurs des pauvres et des autres, elle quête à domicile, à l’église, partout et pour tous les besoins ; elle est de toutes les bonnes œuvres; elle assiste l’orphelin et la femme en couches; elle visite le grenier du pauvre et la cellule du prisonnier; elle répand l’aumône, l’édification, la prière; elle console, elle soulage, elle accompagne la sœur de charité et prépare la voie au prêtre. Cet office, de tout temps exercé dans l’Église par les femmes les plus vertueuses, Vincent de Paul en a fait une institution. C’est depuis lors que la femme, saintement enhardie par ses leçons, a pris ce rôle nouveau qui l’associe activement au ministère de la charité et de la foi au sein des nations chrétiennes. L’institution existe; elle est une des ces forces latentes qui soutiennent notre société mal assise, il ne lui manque pour porter tous ses fruits que de compter un plus grand nombre d’ouvrières de bonne volonté.

LES ŒUVRES

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