‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 78 sur 236 · VUE DE L’ÎLE «SAN BARTOLOMEO», A ROME (ÉTAT ACTUEL · texte numérisé non relu

VUE DE L’ÎLE «SAN BARTOLOMEO», A ROME (ÉTAT ACTUEL

Cette île s'appelait anciennement l’île Tibérine ; elle renfermait un temple d'Esculape auprès duquel les Romains païens exposaient

leurs esclaves malades et incurables, qui y périssaient abandonnés.

sauvée. Louis XIII donne d’abord le château de Bicêtre pour y loger les enfants trouvés ; puis on les transporte dans une maison plus saine du faubourg Saint-Lazare. Douze Filles de la Charité sont préposées à leur éducation. Des nourrices de campagne élèvent les nouveau-nés; après le sevrage, les petits reviennent apprendre à parler et à prier Dieu, les plus grands s’exercent, sous la direction des sœurs, à quelque travail manuel , en attendant l’âge de prendre un état.

Tel fut le premier hospice des enfants trouvés. Vincent de Paul avait réalisé merveilleusement la parole du prophète : que s’il se trouvait des mères assez dénaturées pour oublier et délaisser leurs propres enfants, la divine Providence prendrait soin d’eux et leur rendrait des mères meilleures. L’œuvre qu’il avait fondée, il la soutint toute sa vie de ses conseils et de ses bienfaits. Père nourricier, il visitait souvent sa petite famille, encourageant les sœurs, excitant le zèle des dames, apportant les aumônes de la générosité publique. Sa sollicitude s’étendait sur les nourrissons de la campagne, qu’il avait placés sous le patronage des confréries de charité, et il les faisait visiter chez leurs nourrices par les anges de Mademoiselle Le Gras ou par quelques-unes des dames messagères de sa tendresse.

Pour continuer Vincent de Paul, ce n’était pas trop de Louis XIV. A la mort du saint, le roi prit l’œuvre à sa charge et bâtit l’hôpital des Enfants- 1 rouvés. L’institution était si sagement établie sur les règles de son fondateur, qu’elle passa avec la même organisation dans toutes les provinces. Elle avait pour complément le tour, ingénieuse invention de la charité chrétienne, qui recevait les enfants exposés, sans voir la mère, sans connaître le secret de la faute ou du malheur, que la crainte d’une révélation eût changé en crime.

Après 1 enfance , la vieillesse. Vincent de Paul savait pourvoir à tout. Son cœur ne pouvait rester étranger à aucune infortune, ni son génie d organisation laisser quelque souffrance qu’il n’eût pas enseigné a secourir. Dieu lui donna 1 occasion de travailler aussi pour les vieillards. Un pieux bourgeois de Paris, plein de confiance en la charité inventive et inépuisable du grand intendant des pauvres, était venu le

LES ŒUVRES

trouver sans autre dessein que de consacrer une somme considérable à quelque oeuvre de piété, et sans autre clause de sa libéralité que de rester entièrement inconnu aux hommes. Avec sa prudence ordinaire, le saint prit son temps; mais, après avoir réfléchi devant Dieu au meilleur emploi de cette somme, il n’hésita point, vieux, infirme et surchargé d’affaires, à se mettre dans une nouvelle entreprise. Il conçut le projet de fonder un hôpital de retraite pour les pauvres artisans réduits par l’àge à la mendicité, estimant que ce serait exercer une double charité envers eux que de subvenir tout

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