TÊTE DE LA VIERGE DE MARCHAIS (PICARDIE
Sculpture du quatorzième siècle conservée au musée de la Mission, à Paris. — Un protestant, que saint Vincent voulait convertir, lui ayant dit publiquement qu’il ne reconnaissait aucune vertu dans une image semblable, Vincent lui fit répondre par un enfant du catéchisme que les images n’avaient en elles-mêmes aucune vertu, mais qu'elles tendaient à nous rappeler Dieu, la sainte Vierge et les saints. Après quoi, le protestant fit son abjuration.
çaient leur ministère auprès des pauvres et des enfants. Dès le lendemain de leur arrivée, après avoir pris les ordres et les conseils du curé, ils se mettaient à l’œuvre, tout en observant au milieu de leurs travaux le règlement de la Congrégation. Trois sortes d’exercices consti-
tuaient la mission : une prédication de grand matin, pour laisser aux pauvres gens leur journée de travail ; un petit catéchisme dans l’aprèsmidi aux enfants, et un grand catéchisme le soir pour toute la paroisse. Les sujets ordinaires des prédications étaient la pénitence, les fins dernières de l’homme, le péché, la mort, le jugement, les vices et les défauts les plus communs à la campagne, la prière, la fréquentation des sacrements et la dévotion à la sainte Vierge, les vertus chrétiennes, la persévérance dans le bien, la résignation dans les afflictions et la pauvreté, le bon emploi de la journée. L’explication des principaux dogmes et mystères de la religion, ainsi que des Commandements, du Symbole et des sacrements, était réservée pour le grand catéchisme.
La mission durait quinze jours au moins, et le plus souvent trois et quatre semaines, afin que le bien eût le temps de se faire. Les confessions avaient lieu pendant tout ce temps-là, et vers la fin les tout petits enfants aussi y étaient préparés. La communion générale du dernier jour, qui était en même temps le jour de la première communion pour les enfants, se faisait avec toute la préparation et la solennité convenables à ce grand acte, et le lendemain matin une messe d’action de grâces terminait les exercices. Pendant toute la durée de la mission, les prêtres visitaient les malades et surtout les pauvres avec un soin particulier de leurs âmes ; ils voyaient aussi les maîtres et maîtresses d’école, leur donnant des conseils pour bien former la jeunesse, principalement aux bonnes mœurs et à la piété ; ils faisaient des conférences spirituelles aux prêtres du voisinage sur les devoirs de leur état, s’employaient auprès des familles à terminer les différends, à rétablir la paix, enfin ils instituaient la confrérie de charité. La mission terminée, l’un d’eux allait en rendre compte à l’évêque, et les autres revenaient à la communauté se préparer dans la retraite à de nouveaux travaux.
Tel était le plan de campagne de la pacifique milice des soldats de Dieu avec laquelle à incent reconquit village par village une partie de, la France à l’Evangile. Pour réaliser une si sainte conquête, ce grand zélateur de la foi formait des missionnaires à son image, en leur enseignant les vertus de l’apostolat. Avant tout il leur communiquait