VUE DE L ANCIENNE EGLISE DE S A I N T - S U L P I C E , A PARIS
D'après une gravure de Mérian, dix-septième siècle. — Cette église, qui occupait l’emplacement de l’église actuelle du même nom, formait comme le centre] du faubourg Saint-Germain, où l’on ne voyait alors que dépravation et brigandages. Une mission précitée à Saint-Germain-des-Prés par les prêtres de la Conférence de Saint- Lazare. sous la direction de saint Vincent de Paul, transforma complètement ce faubourg.
un ardent amour des pauvres, un saint zèle pour leur vocation. <c Oh ! Dieu ! s’écriait le vénérable supérieur dans les conférences de Saint-Lazare, qu’il fait beau voir les pauvres, si nous les considérons en Dieu et dans l’estime que Jésus-Christ en a faite! Malheur donc à nous, si nous nous rendons lâches à servir et secourir les pauvres ! Car après avoir été appelés de Dieu et nous être donnés à lui pour cela, il s’en repose en quelque façon sur nous... Jugez si nous n’avons pas sujet de trembler, si nous venons à manquer en ce point, et si à cause de l’âge, ou bien sous prétexte de quelque infirmité ou indisposition, nous venons à nous ralentir et à dégénérer de notre première ferveur. Pour moi, nonobstant mon âge, je ne me tiens point pour excusé de l’obligation de travailler au service des pauvres ; car qui m’en pourrait empêcher? Si je ne puis prêcher tous les jours, je ne prêcherai que deux fois la semaine ; et si je n’ai assez de force pour me faire entendre dans les grandes chaires, je parlerai dans les petites; et si je n’avais pas encore assez de voix pour cela, qui est-ce qui m’empêcherait de parler simplement et familièrement à ces bonnes gens, comme je vous parle à présent, les faisant approcher et mettre autour de moi comme vous êtes ? »
C’était dans l’humilité et dans l’abnégation d’eux-mêmes que les missionnaires devaient apprendre à devenir, comme Jésus-Christ, les évangélistes des pauvres. Vincent de Paul leur prêchait sans cesse à l’égard des autres la douceur et la patience, et pour eux-mêmes la confiance en Dieu, l’abandon à la Providence, le détachement des choses de la terre, la sainte indifférence pour les emplois, les lieux, les personnes, une continuelle mortification de corps et d’esprit, en un mot toutes les vertus chrétiennes et apostoliques. Il voulait avant tout dans ses missionnaires des hommes de foi, de prière et de vertu, parce qu’il les voulait uniquement occupés au ministère des
à ce qu ils fussent solidement instruits de la théologie et des matières de controverse. A l’un de ses premiers compagnons, très versé dans les langues orientales, M. Ducoudray, qui était à Rome pour les affaires de la Mission, il écrivait dans le but de le détourner de
L’ACTION
savants travaux de linguistique qu’on lui demandait : « N’y pensez pas, Monsieur, je vous en conjure : ces sortes d’ouvrages nourrissent la curiosité des savants, mais ne servent de rien au salut du pauvre peuple auquel la Providence nous a destinés. Il vous suffit d’être en état de défendre la divinité de Notre-Seigneur en ce royaume quand