CHARITÉ DE SAINT JEAN
Gravure de Marc-Antoine d’après Raphaël, seizième siècle. — La coupe et le serpent que tient l'apôtre rappellent le fait de deux criminels subitement frappes de mort par un breuvage empoisonné; pour prouver la vérité de sa doctrine, saint Jean vida la coupe sans en éprouver aucun mal et ressuscita les deux hommes. Il avait établi à Ephèse une école où il instruisait les jeunes gens. « Mes petits enfants, répétait-il, n’aimons pas de paroles, mais par les œuvres et en vérité. »
INTRODUCTION
du catholicisme décidément victorieux. Le jansénisme fut ce moyen terme, et le père du mensonge n’en pouvait suggérer un plus adroit. Il obtint tout d’abord un succès inquiétant. Les doctrines jansénistes pénétrèrent bientôt dans la Sorbonne, où les bacheliers les maintinrent dans leurs thèses en dépit des corrections des censeurs. Vincent de Paul vit le péril, et ne prit point de repos qu’il n’y eût apporté un remède. Il en parla dans le conseil, suppliant la régente et le cardinal Mazarin de ne point mettre dans les bénéfices et dans les charges les ecclésiastiques qui seraient soupçonnés d’appartenir à la secte ; il dénonça au nonce et au chancelier les couvents où elle réussissait à s’introduire ; il fit faire des livres pour réfuter ceux de l’erreur. Mais le vrai remède était à Rome, ce fut là qu’il le sollicita particulièrement ; et, pour y parler avec plus de crédit, il pria, pressa, importuna les évêques de France, afin qu’ils signassent une lettre au pape dans laquelle les propositions jansénistes étaient exposées et flétries. Le résultat de toutes ces démarches fut la Constitution d’innocent X.
Les jansénistes ne pardonnèrent pas à Vincent de Paul. C’est la seule inimitié qu il ait soulevée contre lui dans le cours de sa vie, si longue et si pleine. Par une sorte de dérogation à la conduite ordinaire de sa providence, Dieu a voulu que ce grand serviteur et ministre de sa miséricorde échappât aux persécutions que subissent presque toujours les saints. Mais en lui ouvrant ainsi partout les cœurs, pour y puiser sans cesse, il n’a pas permis cependant qu’on put 1 accuser d avoir ménagé l’erreur, et que l’injure et la haine des ennemis de 1 Église manquassent à sa gloire.
Il sciait superflu d insister sur la foi, sur la piété, sur les vertus cln étiennes et sacerdotales de saint Vincent de Paul, et il est impossible den faire un tableau abrégé. Abelly en a rempli ses deux énoimes \olumes, et n’y a mis que ce qui avait paru aux yeux de tout le monde. Ce que la modestie du Saint a couvert d’un voile cm nu de Dieu seul, i emplirait plus de pages encore. Lorsque l’on étudié cette merveille, il semble que tout s’affaiblit, se rabaisse et s elhice datant le i adieux éclat de tant de vertus; et au milieu de ses œuvres étonnantes, l’homme de Dieu paraît seul digne d’admi-