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appelés pour travailler en compagnie d’autres prêtres et de religieux à la régénération des habitants de File. Ce fut un vrai miracle de conversion de voir l’impiété, le concubinage, le vol, les vengeances cesser à la voix des prédicateurs, qui emportèrent pour prix de leurs travaux la reconnaissance publique. Les missions du Piémont ne furent pas moins fructueuses ; Vincent de Paul n’avait pu y employer que quatre prêtres, mais ces bons ouvriers évangéliques, dont le zèle se multipliait avec le travail, eurent à lui raconter les merveilles de la miséricorde divine sur un peuple empressé à profiter de la grâce.
En Italie comme en France, Vincent de Paul était l’âme de toutes les missions qui se faisaient par ses ordres et sous sa conduite. De la maison de Saint-Lazare, qu’il ne quitta presque plus dans les vingt dernières années de sa vie, il ne se contentait pas de diriger ses envoyés avec une activité et une sagesse merveilleuses, il les devançait par les saintes ardeurs de ses désirs et ouvrait à leur zèle des contrées infinies. C’était un des plus ardents souhaits du saint fondateur de la Mission que d’aller prêcher Jésus-Christ aux infidèles.
« Ah ! misérable que je suis ! s’écriait-il ; je me suis rendu indigne par mes péchés d’aller rendre service à Dieu parmi les peuples qui ne le connaissent point. » Et il disait aux siens : « Qu’heureuse, oh! qu’heureuse est la condition d’un missionnaire qui n’a point d’autres bornes de ses missions et de ses travaux pour Jésus-Christ que toute la terre habitable ! Pourquoi donc nous restreindre à un point et nous prescrire des limites, puisque Dieu nous a donné une telle étendue pour exercer notre zèle ? »
Aucune contrée infidèle ne pouvait exciter plus sa charité que la Barbarie. Depuis sa captivité à Tunis, il se rappelait sans cesse qu’il y avait la des milliers de pauvres chrétiens, retenus dans les chaînes et exposés à l’apostasie par la rigueur des mauvais traitements ; mais pendant quarante ans il n’avait pu que prier pour eux. L’Europe chrétienne qui, à la voix de l’Église, avait aboli chez elle l’esclavage, s était trouvée impuissante à le supprimer au-delà de ses frontières. Les croisades avaient contenu, sans pouvoir la détruire, la domination de Mahomet, et avec elle reparaissait l’horrible institution du paga-
L'ACTION