ARISTOTE, CÉLÈBRE PHILOSOPHE PAÏEN
D’après un dessin de Raphaël, conservé à l’Académie des Beaux-Arts de Venise.
Aristote enseignait que l’esclave était « un outil anime ».
seizième siècle.
nisme. L’Église ne cessait pas de la combattre avec ses armes. Du rachat des captifs elle avait fait une des plus saintes œuMes de miséricorde chrétienne, selon cette parole de saint Paul . « Sou\enez
vous de ceux qui sont dans les chaînes, comme si vous y étiez vousmêmes. » Les affreuses souffrances de l’esclavage suscitaient d’admirables dévouements. Pour délivrer les captifs, Jean de Matha et Félix de Valois, Pierre Nolasque et Raymond de Pennafort, ayant vendu tous leurs biens, s’étaient faits mendiants et esclaves eux-mêmes, et leur héroïque exemple était devenu la loi de deux instituts monastiques.
Cependant la charité des religieux de la Merci et de la Rédemption ne suffisait pas à racheter les malheureux chrétiens qui tombaient sous le joug des Sarrasins d’Afrique. Depuis des siècles, les corsaires barbaresques ravageaient les côtes de la Méditerranée, pillant les navires, capturant les passagers; Tunis, Alger, Tripoli étaient les entrepôts de leur brigandage, et c’est de là aussi qu’ils s’élancaient pour écumer les mers. Le grand Ximénès les avait menacés un instant ; mais après l’expédition malheureuse de Charles- Quint contre ces repaires de piraterie, aucun prince n’avait plus rien osé entreprendre et les États chrétiens, la France elle -même, abaissée par la funeste alliance de François Ier avec le Sultan, ne savaient plus protéger leur commerce que par des traités toujours violés et des tributs humiliants. Au temps de Vincent de Paul, la piraterie, plus redoutable que jamais, entassait vingt et trente mille victimes par an dans les bagnes des côtes mauresques. A Tunis, il avait vu les malheureux captifs de toute condition, de tout âge, hommes et femmes, français, italiens, espagnols, portugais, grecs, flamands, allemands, suédois, exposés en vente comme des bêtes : les uns, après avoir été achetés par un maître inhumain, ne quittaient la chaîne que pour être employés aux plus durs travaux; les autres servaient sur les galères à la piraterie ; tous, horriblement maltraités, souffraient des cuisantes ardeurs du soleil ou de la rigueur du froid, de la faim et de la fatigue. « S’il y a, disait Bossuet, quelque servitude capable de représenter à nos yeux la misère extrême de la captivité horrible de l’homme sous la tyrannie du démon, c’est l’état d’un chrétien captif sous la tyrannie des mahométans, car le corps et l’esprit y souffrent une égale violence, et l’on n’est pas moins en péril de son salut que de sa vie. « Le cœur compatissant de Vincent de Paul cherchait à accom-
L’ACTION
moder les travaux de sa congrégation aux besoins de ces malheureux. A côté des pères de la Merci et des Trinitaires qui venaient racheter des esclaves et repartaient ensuite avec eux, il y avait une autre œuvre à fonder pour leur soulagement. Avec le concours de la généreuse duchesse d’Aiguillon, et à la faveur des traités qui permettaient aux