JÉSUS-CHRIST APPORTE LA LIBERTE AUX ESCLAVES
Groupe de marbre sculpté par S. A. R. le comte de Syracuse pour la nouvelle chapelle de la Confrérie des artistes, au cimetière de Naples, dix-neuvième siècle.
rois de France d’entretenir des consuls dans toutes les villes maritimes de l’empire de la Porte, et aux consuls d’avoir un chapelain pour le service religieux de leur maison, Vincent, encouragé par le pieux roi Louis XIII, trouva le moyen d’organiser l’œuvre nouvelle: ce fut la Mission ajoutée à la Rédemption.
En vantant à ceux de sa congrégation les services des autres ordres religieux institués pour la délivrance des captifs, Vincent leur disait : « Cela n’est-il pas excellent et saint, messieurs et mes frères?
Néanmoins il me semble qu’il y a quelque chose de plus en ceux qui non seulement s’en vont en Barbarie pour contribuer au rachat de ces pauvres chrétiens, mais qui, outre cela, y demeurent pour vaquer en tout temps à faire ce charitable rachat, et pour assister à toute heure, corporellement et spirituellement, ces pauvres esclaves, pour courir incessamment à tous leurs besoins, enfin pour être toujours là, prêts à leur prêter la main, et leur rendre toute sorte d’assistance et de consolation dans leurs plus grandes afflictions et misères : oh ! messieurs et mes frères, considérez bien la grandeur de cette œuvre ! La connaissez-vous bien? Mais y a-t-il une chose plus rapportante à ce qu’a fait Notre-Seigneur, lorsqu’il est descendu sur la terre pour délivrer les hommes de la captivité du péché et les instruire par ses paroles et par ses exemples ? »
Désormais donc, sur les plages barbaresques, saint Vincent de Paul va s’unir à saint Jean de Matha et à saint Pierre Nolasque pour le soulagement corporel et spirituel des chrétiens captifs. Pendant les quinze dernières années de sa vie, Vincent consacra plus d’un million de livres au rachat des esclaves et il en délivra jusqu’à douze cents ; mais qui pourrait compter le nombre bien plus grand des malheureux que ses fils consolèrent, assistèrent et soutinrent dans la foi ? Comme toujours, il commença l’œuvre nouvelle par un essai. Ce fut l’héroïque Louis Guérin qui partit le premier, en compagnie du frère François Francillon réservé, après un demi -siècle de travaux, à un glorieux martyre; ils arrivèrent le 22 novembre i6q5 à Tunis, sur cette terre deux fois sanctifiée par la mort de saint Louis et par la captivité de saint Vincent de Paul. La France prenait possession par la croix de ces contrées barbares, où, deux siècles après, le drapeau blanc de la monarchie très chrétienne devait annoncer au monde civilisé la fin de la domination turque sur les mers. Les missions, autant que les armes, lui donnèrent comme un droit de conquête par la longue possession d’état de son influence. Apôtres de l’Évangile, ouvriers de la civilisation et représentants de la France, les missionnaires ouvrirent la voie aux flottes de Louis XIV et de Charles X, et la Barbarie s étonna moins de devenir terre française.
L’ACTION
ayant connu depuis longtemps la vertu de la religion et le prestige du drapeau de son conquérant.
Au bout de deux ans de travaux auprès des malheureux esclaves,