‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 93 sur 236 · CROIX DE LA MISSION D* AFRIQUE · texte numérisé non relu

CROIX DE LA MISSION D* AFRIQUE

Donnée par saint Vincent aux missionnaires qu'il envoya en Barbarie (164?). Musée des reliques de la Congrégation de la Mission, à Paris. — En envoyant des missionnaires en Afrique, Vincent avait pour but l'assistance spirituelle des captifs; cependant il n’a pas fait racheter moins de douze cents de ces infortunés.

Louis Guérin obtenait de la faveur du dey de Tunis la permission de faire venir d’autres prêtres auprès de lui. Bientôt arrivait M. Le Vacher • tous deux firent admirer l’héroïsme de leur charité au milieu

de la peste. Le fléau emporta le premier. Jean Le Vacher, resté seul, en même temps qu’il lui succédait, remplaçait le consul de France, atteint aussi par la contagion ; et plus tard, chargé lui-même par le roi du consulat, il expiait de sa vie, à la bouche d’un canon, le bombardement d’Alger. Bienfaiteur de ses compatriotes et martyr de la foi, il couronna la plus noble vie par la plus glorieuse mort.

Cependant Vincent avait expédié d’autres missionnaires à Alger, et, pour accroître leur bienfaisante action, il faisait nommer, dans les villes maritimes, des consuls animés comme eux de l’esprit de propagande catholique. De Paris, il suivait leurs travaux, encourageait leurs efforts. Avec cette merveilleuse sagesse qu’il apportait à tout, il traçait à ses envoyés leur règle de conduite parmi les infidèles, leurs devoirs envers les captifs, et il ne manquait pas non plus de les exhorter à la constance et de les préparer aux persécutions qui les attendaient au milieu des musulmans. Pour achever l’établissement de la Mission, il faisait bâtir à Alger, aidé encore des libéralités de la duchesse d’Aiguillon, un hôpital pour les malades. Les biens que sa tendresse procura aux esclaves chrétiens, et qu’il continua après sa mort par ses enfants, rendirent ces lieux de désolation et de désespoir plus tolérables par la foi qui soutenait les coeurs et la charité qui adoucissait les maux . « Certes, dit le témoin de sa vie, quand il n’aurait fait autre chose que d’établir et conserver l’exercice public de la religion catholique, qui continue depuis tant d’années dans une terre barbare, à la vue de ses plus cruels persécuteurs, ce ne serait pas une petite gloire pour Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a bien voulu se servir de la main de son fidèle serviteur pour dresser comme un trophée à son très saint nom dans ces deux royaumes infidèles, et faire triompher la charité chrétienne en des lieux d’où il semblait que 1 humanité fût bannie, et où l’on voyait continuellement exercer l’injustice et la violence avec toute sorte d’impunité. »

Mais de nouvelles contrées s’étaient déjà ouvertes à son zèle infatigable. En 1646, le pape Innocent X lui demandait d’envoyer des prêtres de sa congrégation en Irlande, à cause de l’ignorance trop commune des catholiques de ce pays et des entreprises des hérétiques

L’ACTION

anglicans sur leur foi ; Vincent s’empressait d’obéir au vicaire de Jésus-Christ, et pour première règle à ses missionnaires, après l’union entre eux, il leur recommandait de donner l’exemple de l’obéissance envers le souverain Pontife à un clergé que la politique anglaise poussait à la rébellion. Ils arrivèrent à point pour fortifier dans leur foi le clergé et le peuple avant que la tyrannie sanglante de Cromwell l’eût mise si glorieusement à l’épreuve, et ceux qui étaient restés à achever l’œuvre se trouvèrent là pour assister Limerick, le dernier rempart des Stuarts, au milieu des horreurs du siège et de la peste.

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