‹ Saint Vincent de Paul et sa mission socialeChapitre 98 sur 236 · A PARIS, DIX-NEUVIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

A PARIS, DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

Saint Vincent agenouillé adore l’Eucharistie, centre et foyer de la théologie chrétienne. Auprès de lui, Bossuet, Olier, Bérulle, saint François de Sales, ses contemporains et ses amis. Parmi les autres personnages figurent saint Benoît, saint Bernard, saint Bruno, Pierre Lombard, saint Thomas d’Aquin, Malebranche.

Saint Vincent n’avait pas consacré moins de sept années à l’étude de la théologie, et la Gallia christiana lui attribue le titre de docteur en cette science.

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L’ACTION

se mettre sous la conduite du P. de Condren. Olier avait été aussi l’un des premiers ouvriers des missions, et par la même voie que Vincent il fut amené à travailler à la sanctification du clergé. Il vint aussi à Saint-Lazare, ce grand évêque, cet orateur incomparable, en qui l’Église reconnaît une de ses lumières et la France une de ses gloires, Bossuet, dont le génie n’eut pas de maître plus direct, avec la Bible et les Pères, que l’humble Vincent de Paul. C’est sous sa conduite qu’il se prépara au sacerdoce, c’est d’après ses exemples qu’il apprit à prêcher. Plus tard, il se souviendra de lui pour rendre à sa mémoire le plus éclatant hommage, et l’évêque de Meaux ne croira pas s’abaisser en rapportant au modeste prêtre le meilleur de sa vie sacerdotale et des oeuvres de son génie.

D’ordinand, Bossuet était devenu un des prédicateurs des retraites de Saint-Lazare. Il s’y forma au double apostolat de la Mission auprès des peuples et auprès du clergé. C’est avec lui que Vincent de Paul avait organisé, à l’instigation d’Anne d’Autriche, cette célèbre mission de Metz, à laquelle plus de vingt ecclésiastiques des plus éminents en science et en piété travaillèrent, et qui, au bout de trois mois, malgré toutes les contradictions et tous les obstacles, transforma si merveilleusement une ville dont les huguenots avaient fait une des citadelles du protestantisme. « Nul n’a douté, écrivait Bossuet quarante-quatre ans après, que les fruits de cette mission ne fussent dus non seulement aux pieuses excitations, mais aussi aux prières du vénérable Vincent. » A Paris, le futur évêque de Meaux se montrait un des plus zélés coopérateurs de son saint maître dans les retraites qu’il prêchait aux ordinands ou dans les conférences ecclésiastiques qu’il faisait aux prêtres. Au terme de sa grande carrière épiscopale, il se rappelait avec émotion les débuts de sa jeunesse, ce premier travail qu’il avait osé entreprendre, disait-il, « aidé des avis de cet homme de Dieu et soutenu par ses prières ».

Les conférences ecclésiastiques étaient encore une des œuvres de Vincent de Paul. Les premiers essais en avaient été faits dans les missions, suivant l’usage qu’il avait établi de réunir les prêtres des paroisses voisines pour les entretenir de leur vocation et leur donner

des avis sur la manière de remplir leur saint ministère. L’œuvre définitive sortit comme d’elle-même des exercices des ordinands. Élevés au sacerdoce, beaucoup de bons prêtres voulant répondre à la grâce de leur ordination s’étaient mis sous la direction de Vincent, qui utilisait leur zèle dans les missions ; mais il restait à prémunir les jeunes prêtres contre l’inconstance et la faiblesse humaine La régénération du clergé n’allait pas sans une institution propre à entretenir en lui les heureux effets de la préparation au sacerdoce. Vincent y pensait, avec cette humilité et cette défiance de lui-même qui l’éloignaient naturellement de toute suggestion personnelle. Un des jeunes ordinands de la retraite vint lui proposer d’établir quelque moyen d’union entre les ecclésiastiques désireux de vivre conformément à la sainteté de leur vocation, et dans cette fin de les rassembler quelquefois à Saint-Lazare, pour conférer sur les vertus et les fonctions de leur état. Cette pensée parut de Dieu au saint prêtre ; cependant il continua d’y réfléchir et de prier. L’archevêque de Paris et le Souverain Pontife, qu’il consultait en toutes circonstances, approuvèrent une entreprise où il y allait si manifestement du bien de l’Église. Alors Vincent réunit les premiers ecclésiastiques qui avaient acquiescé à ce projet, il leur expose ses sentiments sur la réunion, et, avec sa science des choses de l’âme, sa piété communicative, il leur fait comprendre et la nécessité de s’entretenir dans les saintes dispositions de leur sacerdoce et les avantages spirituels d’une pratique qui leur permettra, sans quitter le monde ni leur genre de vie, de se sanctifier eux-mêmes par l’exemple.

Telle est l’origine de ces célèbres conférences de Saint-Lazare qui furent pour la seconde génération de prêtres du grand siècle, où l’on compte les Olier, les Pavillon, les Perrochel, les Bossuet, les Abelly et tant d’autres, la principale école de vertu sacerdotale et de prédication. Près de trois cents prêtres des plus distingués par la naissance, le talent, la doctrine et la vertu, y furent admis. « Il n’y avait pas dans Paris, dit un contemporain, un ecclésiastique de mérite qui n’en voulût être. » C’est en se souvenant de l’heureuse influence de leur fondateur que Fléchier s’écriait : « A lui le clergé de France doit sa

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