RETRANCHEMENT DES ABUS
Retranchement des abus.
Armé de ces principes, Vincent commença par retrancher divers abus. Il empêcha les bénéfices de tomber, par défaut de forme ou autrement, à la nomination du roi, c'est-à-dire au pouvoir de la brigue et de l'ambition *. S'il ne les pouvait soustraire à la nomination royale, au moins tâchait-il de les faire dignement occuper. Ainsi, en Normandie, pendant la minorité des patrons, le roi avait droit de pourvoir aux cures qui étaient en patronage laïque. Jusqu'alors, ces bénéfices n'avaient été distribués que par faveur ou par intrigue. Vincent représenta au conseil que les collateurs aussi bien que les patrons étaient responsables devant Dieu des maux faits par un mauvais pasteur, ou du moindre bien fait par un moins digne, et il le porta à ne donner les bénéfices de Normandie qu'aux plus capables.
Mais il aimait mieux encore travailler à maintenir les bénéfices dans leurs privilèges, et particulièrement dans leur droit d'élection 2.
Des pensions sur les bénéfices étaient souvent la récompense de gentilshommes estropiés à la guerre. Vincent recommandait volontiers ceux-ci à. la faveur de la reine et de son ministre ; mais il ne put jamais souffrir que les biens ecclésiastiques devinssent un fonds de dotation et de retraite pour des services profanes.
Quand les bénéfices étaient conférés à la seule naissance, ce n'étaient pas les âmes seulement qui en souffraient ; c'était le temporel même des abbayes, dont on se