‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 12 sur 122 · Lettre du 26 novembre · texte numérisé non relu

Lettre du 26 novembre

unique. Ateliers, magasins, tout fut fermé aux heures de prédication, et tout commerce cessasur le marché public. Le dévouement d'un Missionnaire, mort à la peine, porta le dernier coup, et le bon prêtre acheva de vaincre dans son tombeau. C'est à Savigliano que des soldats et officiers français, qui attendaient là le moment d'entrer en campagne contre les alliés de l'Espagne, ajoutèrent à l'édification des indigènes par un merveilleux retour à Dieu. A Savigliano encore, il fallut résister aux instances des habitants et à l'intervention si puissante du marquis de Pianezze, pour ne pas y laisser cinq ou six Missionnaires qu'appelaient ailleurs les besoins des peuples.

A la demande de Christine de France, duchesse de Savoie et gouvernante au nom de son fils Charles-Emmanuel, la Mission s'ouvrit dans le gros bourg de Bra, où les rues étaient barricadées comme en guerre civile, tous les citoyens armés, toutes les fenêtres changées en meurtrières. Les Missionnaires y avaient été précédés des ministres d'État, dont les efforts pacifiques avaient échoué devant l'humeur féroce des habitants. Fille de Henri IV, Christine fit succéder la fermeté à la douceur: après avoir parlé en mère, elle parla en souveraine, et, à la faveur d'une suspension d'armes, les Missionnaires purent ouvrir leurs exercices. Ils eurent un succès qui arracha des larmes de joie à la duchesse et au marquis de Pianezze. Pour imiter en quelque sorte le pardon de Dieu, Christine fit aux habitants de Bra remise entière de toutes les peines dues à leurs crimes *. — Mêmes lettres de grâce et d'abolition furent envoyées à un bourg voisin que le sénat de Piémont avait également essayé en vain de pacifier, et qui ne résista pas au zèle des Mis-

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