‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 20 sur 122 · MISSION D ECOSSE, ETC · texte numérisé non relu

MISSION D ECOSSE, ETC

avait presque entièrement oublié la langue. Il la rapprit et put bientôt prêcher en anglais. Professeur de théologie en 1801, il remplit jusqu'à sa mort la chaire de morale, avec une science égale à sa vertu. Quand il mourut, en 1809, ses élèves lui élevèrent un tombeau au séminaire de Lara Brien, et y gravèrent dans une épitaphe sa louange et leur douleur. Aujourd'hui encore, au collège de Maynooth, sa mémoire est en bénédiction.

Aussi est-ce du collège de Maynooth que sont sortis les premiers Missionnaires de l'Irlande contemporaine. Vers la fin de 1832, un jeune étudiant, simple diacre, M. Jacques Lynch, fit part de ses projets de vocation religieuse à son doyen, M. Dowley, qui lui-même songeait depuis longtemps à implanter en Irlande une branche de l'arbre de )a Mission. Encouragé, M. Lynch a bientôt trouvé des compagnons et de l'argent. Le projet est alors soumis à Mgr Murray, archevêque de Dublin, qui, de son côté, avait voulu demander à Paris des Filles de saint Vincent, comme avant-garde des Missionnaires. Au milieu de bien des traverses, la nouvelle Société s'organise sur le modèle de la Mission. Le 16 août lb33, le collège Saint- Vincent est ouvert à Dublin, et bientôt est regardé comme une des meilleures maisons d'éducation de cette capitale. Dans l'été de l'année suivante, la Société acquérait Castlecknock, aux portes de Dublin, et joignait ainsi un séminaire ecclésiastique à la campagne au collège et à la Mission permanente qu'elle possédait à la ville.

Malgré sa verdeur et sa vie apparente, c'était là néanmoins une branche sans tige et qui ne pouvait manquer de se dessécher bientôt, si elle ne se greffait sur le tronc de la Mission. C'est ce qui eut lieu en 1839. M. Dowley, aujourd'hui visiteur de la congrégation en Irlande, se rendit à Paris, entra au séminaire interne, et transporta

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ensuite dans sou pays les règles et l'esprit de saint Vincent qu'il était venu puiser à leur source.

A l'heure présente, outre le séminaire des Irlandais à Paris (1858) et trois établissements en Irlande, à savoir, le petit séminaire de Gastleknock (1839), le collège de Cork (1847), la Mission de Saint-Peters-Phibsborough, à Dublin (1839), la congrégation possède une autre Mission à Sbefbeld (1853), en Angleterre, une Mission encore à Lanark (1859), en Ecosse, et ces maisons sont presque toutes dirigées par les premiers associés du collège de Maynooth.

ARTICLE TROISIÈME Mission* de Pologne, d'Allemagne, etc.

Commencemenls de la Mission de Pologne.

En 1645, une ambassade polonaise, composée de plus de huit cents gentilshommes, faisait son entrée à Paris. Elle venait, au nom de Wladislas Wasa, veuf d'une archiduchesse d'Autriche et déçu de son espoir d'opérer, par un mariage avec sa cousine Christine de Suède, la fusion des deux branches de sa maison, demander la main d'une Française, Louise -Marie de Gonzague et de Xevers,' appelée communément la princesse Marie, à laquelle il avait déjà pensé autrefois. Louise-Marie était issue de cette brillante maison de Gonzague, depuis longtemps souveraine dans Mantoue, et dont un rameau, par une alliance avec Isabelle de Clèves, avait hérité des duchés deNeverset de Rethel. Charles II de Gonzague, déjà investi de tous ces titres, venait de rentrer, par l'extinction de la branche aînée de sa maison et l'appui de la France, dans la possession de Mantoue et du Montferrat. De son mariage avec Catherine de Lorraine, il avait eu

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