‹ Saint Vincent de Paul (volume 2)Chapitre 32 sur 122 · L'ÎLE DE MADAGASCAR · texte numérisé non relu

L'ÎLE DE MADAGASCAR

par la tempête de l'amiral Tristan d'Acunha, eu reconnut aussi quelques côtes, et. après avoir rallié son chef à Mozambique, il lui en fit une si séduisante description, que l'amiral en voulut explorer les côtes occidentales avant de retourner dans sa patrie. A lui seul la nymphe de la Lusiade1 rapporta ensuite l'honneur de la découverte.

Cette île, une des plus grandes de l'océan Indien et du monde, n'a pas moins de quatre cents lieues de long sur cent vingt-cinq de large. Une chaîne de montagnes, qui la traverse du nord au sud, forme, vers le centre, le vaste plateau d'Ankova, et donne naissance à une multitude de rivières et de cours d'eau, malheureusement peu navigables à cause des masses de terres d'alluvion qu'ils charrient, des rochers qui les obstruent, et des grands marigots ou lacs stagnants dans lesquels ils débordent en partie avant d'arriver à la mer. Les côtes de l'est n'offrent qu'un bord droit, sans rades pour les navires, à l'exception de la grande baie d'Antongil, et les côtes du sud n'ont que trois ports naturels : Saint-Augustin, Saint-Luc, siège du premier établissement français, abandonné ensuite comme insalubre pour le Port- Dauphin. De toute, cette côte orientale, en effet, à raison des eaux stagnantes, des immenses forêts marécageuses qui en couvrent le versant, s'exhalent des miasmes pestilentiels, principe de fièvres et de dyssenteries mortelles. Plus hospitalières sont les côtes septentrionales et occidentales, profondément découpées, et ouvrant partout des mouillages commodes; plus saines aussi, moins cependant que l'intérieur des terres, à mesure qu'on s'élève vers le plateau central.

La longueur de l'île en rend le climat très-varié ;

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