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comme dans toutes ces terres intertropicales, il n'y a que deux saisons, la sèche et l'humide, durant chacune environ six mois. Le sol y est aussi généralement d'une fertilité merveilleuse, et l'histoire naturelle très-riche. « C'est la terre de promission pour les naturalistes », écrivait en 1771 Gommersonà Lalande. En effet, la flore de Madagascar embrasse toute l'échelle végétale, depuis les arbres gigantesques jusqu'aux plantes les plus délicates. On y cultive le riz, l'igname, le manioc, le maïs, les fèves et presque tous les légumes d'Europe. Les citrons, les oranges, les limons, les mûres, les pêches y sont en abondance. La vigne y croît naturellement sur le plateau central, mais les indigènes ne savent pas faire le vin. La zoologie n'y compte pas les énormes animaux du centre de l'Afrique, mais elle comprend plusieurs espèces de sangliers et de bœufs, toutes les espèces de singes, et de brillants oiseaux qui étincellent comme des fleurs ou des diamants aux branches des arbres. Les seuls reptiles y sont des serpents non venimeux et des caïmans qui peuplent les marais et les rivières. Les baleines viennent jouer sur les côtes et les requins infestent les baies.
Évaluée à quatre cents mille au commencement du xvne siècle, la population de Madagascar atteint aujourd'hui quatre millions; population hybride, où se voient les types cafre, nègre, arabe et malais, divisée en quinze ou vingt tribus de mœurs différentes, qui s'échelonnent sur trois zones, sans se fondre ensemble et presque sans aucun commerce entre elles que la guerre. Et pourtant, malgré la diversité d'origine et de mœurs, elles parlent une seule langue, où une prononciation variée ne suffit pas à introduire des dialectes : la langue malgache, analogue à la malaise, expressive et douce, assez propre à exprimer les idées intellectuelles. L'écriture, apportée