Lettre du 21 décembre *65?- à Jolly, à Rome
une hospitalité généreuse, puis ils les renvoyèrent en France.
L'année suivante, Vincent, toujours ferme et confiant, tenta une troisième fois l'entreprise. • Deux vaisseaux allaient partir pour Madagascar, l'un envoyé par le maréchal de La Meilleraye, l'autre par la Compagnie d'Orient. Pallu, évêque d'Héliopolis, partant pour les Indes, avait choisi ce dernier. Vincent aurait bien voulu mettre ses prêtres sous une telle direction. Mais la Compagnie d'Orient était de plus en plus défaillante, et si, comme il était vraisemblable, elle interrompait bientôt son commerce, le maréchal irrité refuserait désormais de se charger des Missionnaires, et c'en serait fait de la Mission de Madagascar '.
Aussi Vincent écrivait-il à La Meilleraye (22 novembre 1659), par l'entremise de madame d'Aiguillon, sa parente, qu'il retirait à la Compagnie d'Orient toute promesse, qu'il était exclusivement de son parti, et qu'il n'était plus lié qu'à Dieu et à lui ; et en même temps il pria Caset, le représentant de la Compagnie, de lui faire ses excuses, donnant ses raisons de la préférence qu'il était obligé d'accorder au maréchal, qui lui-même avait toujours préféré ses prêtres à tous autres, qui d'ailleurs en avait un en sa puissance, ainsi que les catholiques instruits et baptisés par les Missionnaires. Il écrivit aussi à Nantes, à Estienne, le supérieur des nouveaux Missionnaires qu'il se disposait à envoyer: « Quand vous serez arrivé à Madagascar, je vous prie de n'avoir, ni vous ni les vôtres, aucune communication avec les gens de ces messieurs, mais de vous attacher de toute votre affection aux intérêts de ce bon seigneur, pour l'obligation que nous avons de lui obéir. C'est ce